Radio-Canada: les nouvelles compressions dénoncées par des syndicats

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MONTRÉAL - Les nouvelles compressions de 28,4 millions $ annoncées par Radio-Canada ont été vivement dénoncées jeudi par deux de ses syndicats, qui y voient une preuve que le diffuseur public national est sous-financé et craignent la perte d'autres emplois.

Révélées dans une note rendue publique mercredi, les coupes budgétaires, qui s'échelonneront sur une période de deux ans, résultent selon Radio-Canada de la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'abolir le Fonds pour l'amélioration de la programmation locale (FAPL).

Créé par le CRTC en 2008, le FAPL visait à aider les stations de télévision traditionnelles à continuer de diffuser du contenu local en dépit de la crise économique. Son abolition, annoncée en juillet, se fera progressivement d'ici le mois d'août 2014.

Selon le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), les compressions auront un impact direct sur les productions régionales, mais aussi sur celles d'envergure nationale, en plus de réduire la production d'émissions originales canadiennes et d'augmenter le nombre de rediffusions d'anciennes émissions.

Dans un communiqué publié jeudi, le président du SCRC, Alex Levasseur, a exhorté le CRTC à intervenir durant les audiences pour le renouvellement des licences de Radio-Canada, qui auront lieu en novembre, afin de s'assurer que celle-ci puisse continuer à remplir son mandat.

Pour M. Levasseur, les nouvelles coupes budgétaires montrent clairement qu'il est urgent de régler une fois pour toute la question du financement du diffuseur public, dont le budget annuel s'élève à 1,1 milliard $, au risque de voir sa programmation continuer à se dégrader.

De son côté, la section locale 675 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les employés de bureau et les professionnels de Radio-Canada, s'est inquiétée jeudi des conséquences des compressions sur les effectifs de la société d'État, soutenant que cette dernière avait clairement laissé entendre que des emplois seraient abolis au cours des prochains mois.

Le président du Conseil provincial du secteur des communications du SCFP, Richard Labelle, s'est pour sa part interrogé sur la raison avancée par le diffuseur public pour justifier ces compressions, disant ne pas comprendre que l'ensemble des activités de Radio-Canada soient touchées par une décision découlant de la disparition d'un fonds exclusivement destiné à la programmation locale.

Ces nouvelles coupes budgétaires de 28,4 millions $ s'ajoutent à celles de 115 millions $ sur trois ans annoncées dans le dernier budget fédéral, qui devraient entraîner la suppression de 650 emplois chez le diffuseur public. En 2009, des compressions de 171 millions $ avaient causé la perte de 800 postes permanents.

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