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25/10/2012 07:29 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Nexen: Pékin ne comprend pas les hésitations d'Ottawa, selon un expert

EDMONTON - Le gouvernement et le milieu des affaires de la Chine ne comprennent pas les critères utilisés par le Canada pour évaluer la prise de contrôle du producteur de pétrole Nexen par la société d'État chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), a révélé jeudi un expert de l'industrie pétrolière de Pékin.

En entrevue avec La Presse Canadienne, Lianyong Feng, le doyen du département d'économie de l'Université du pétrole de la Chine et ancien dirigeant se la CNOOC, a déclaré que les autorités chinoises ignoraient les règles qui régissaient le processus d'évaluation, mais comprenaient tout de même qu'il prenne un peu de temps.

M. Feng, qui était de passage à Edmonton pour participer à une conférence sur les sables bitumineux à l'Université Grant MacEwan, a toutefois affirmé que même si l'achat de Nexen par CNOOC pour la somme de 15,1 milliards $ échouait, cela ne diminuerait en rien l'intérêt de la Chine pour les ressources et les entreprises pétrolières canadiennes.

Si le gouvernement fédéral donne son aval à l'entente, Nexen, qui produit du pétrole et du gaz, deviendra l'acquisition la plus importante de la Chine à l'étranger. La compagnie basée a Calgary a indiqué jeudi qu'elle s'attendait à ce que l'accord soit conclu d'ici la fin de l'année.

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'est toutefois opposé à la vente pour des raisons de sécurité nationale ainsi que de protection de l'environnement et des droits de l'homme. Le Service canadien du renseignement de sécurité a pour sa part exprimé des inquiétudes au sujet des investissements provenant de sociétés d'État étrangères dans son rapport annuel publié plus tôt cette année.

Les conservateurs du premier ministre Stephen Harper évaluent actuellement si l'accord représente un «bénéfice net» pour l'économie canadienne, un concept qui, pour le porte-parole du NPD en matière de ressources naturelles, Peter Julian, n'a pas été clairement défini.

Le gouvernement fédéral a récemment bloqué le rachat d'une autre firme de Calgary, Progress Energy Resources, par la société d'État malaisienne Petronas parce qu'il ne satisfaisait pas à ses critères. Les dirigeants des deux compagnies doivent rencontrer le ministère de l'Industrie afin de comprendre ce qu'ils doivent faire pour sauver l'entente de 6 milliards $.

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