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Le maire de Montréal reconnaît qu'il y a de la corruption dans sa ville

25/10/2012 01:22 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, au pouvoir depuis 2001, a admis jeudi qu'il y avait de la "collusion" ou de la "corruption" dans sa ville, tout en repoussant les appels à sa démission.

"Je ne me laisserai pas distraire par les commentaires de qui que ce soit", a déclaré M. Tremblay, objet de vives critiques pour son "incompétence" et sa "naïveté" mais dont l'intégrité personnelle n'est pas mise en doute.

Le Québec vibre depuis plusieurs semaines au rythme des révélations d'une commission d'enquête publique faisant état d'une corruption à grande échelle dans l'octroi des contrats de travaux publics à Montréal, ainsi qu'à Laval, la troisième ville du Québec.

Un cartel d'entrepreneurs, pour la plupart d'origine italienne, sont accusés de s'être partagé, surtout entre 2000 et 2009, des dizaines de contrats de travaux publics à Montréal, gonflant les prix de 30 à 35%, et graissant au passage des fonctionnaires influents ainsi que la mafia.

Un ex-entrepreneur, Lino Zambito, a affirmé devant la commission qu'une dîme de 3% allait dans les caisse du parti du maire, tandis qu'un autre témoin, un ex-haut fonctionnaire corrompu, a dit que cet argent était destiné au comité exécutif, soit à l'entourage immédiat de M. Tremblay.

"Comme vous tous et vous toutes, je suis attentivement les témoignages à la commission et à la suite de ces témoignages la question que tout le monde se pose avec raison est est-ce qu'il y a de la collusion ou de la corruption à Montréal? Je réponds oui, mais ceci depuis des décennies", a déclaré M. Tremblay, en minimisant ainsi la responsabilité de son administration.

Il a par ailleurs refusé de se retirer temporairement de son poste, comme l'a fait mercredi le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, officiellement pour des "raisons de santé".

M. Vaillancourt, qui règne sur sa ville depuis 1989, a pris cette décision après que la police eut perquisitionné des coffrets de sécurité lui appartenant dans deux agences bancaires, à la recherche de millions de dollars, selon Radio-Canada.

C'était la troisième perquisition dont faisait l'objet M. Vaillancourt en quelques semaines, mais aucune accusation n'a encore été retenue contre lui.

jl/via/rap

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