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25/10/2012 09:58 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Exploitation des hydrocarbures : 300 Madelinots disent non

Environ 300 résidents des Îles-de-la-Madeleine ont participé aux audiences publiques de l'Office Canada Terre-Neuve-et-Labrador sur l'exploitation et l'exploration des hydrocarbures extracôtiers.

Visiblement, les membres de l'Office ne s'attendaient pas à une telle participation.

La formule de rencontre privée entre les représentants de l'Office et le public ne convenait d'ailleurs pas à un aussi grand nombre de participants. Un micro de fortune a donc été installé dans la salle bondée pour permettre aux gens de s'exprimer. Plusieurs ont dénoncé la logistique des audiences et l'unilinguisme anglais de quatre des cinq représentants de l'Office. Il n'y a donc pas eu de véritables échanges entre les membres de l'Office et les participants.

La rencontre a toutefois permis de démontrer que les Madelinots s'opposent massivement à l'exploitation pétrolière du gisement Old Harry. Selon la présidente d'Attention frag'Îles, Danielle Giroux, les Madelinots ont exprimé leurs inquiétudes sans réserve. « Il y a plusieurs messages extrêmement forts qui sont ressortis, raconte Mme Giroux, il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas du tout de l'industrie dans le golfe. C'est incompatible avec nos choix de vie, notre qualité de vie, la pêche, le tourisme, les moteurs économiques. »

Absence du gouvernement fédéral

La députée des Îles-de-la-Madeleine à l'Assemblée nationale, Jeannine Richard, partage l'inquiétude et l'indignation de ces concitoyens. Pour elle, le déroulement de la consultation et la présence d'un seul commissaire parlant français relèvent d'un manque de respect envers les Madelinots.

Par ailleurs, Mme Richard souligne l'absence du gouvernement fédéral dans ce dossier. Le gouvernement, soutient la députée, doit prendre ses responsabilités pour qu'il y ait une vision globale du développement du golfe Saint-Laurent. Il n'y a pas de frontières dans le golfe, on ne peut pas laisser Terre-Neuve décider seule. « Il y a beaucoup d'études à faire encore. C'est un dossier crucial pour les communautés côtières », indique Mme Richard.

Des consultations controversées

L'Office Canada Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers était de passage aux Îles-de-la-Madeleine pour la seconde des quatre consultations prévues au Québec.

Ces consultations visent tous les projets d'exploration et d'exploitation pétrolière prévus en mer à l'ouest de Terre-Neuve.

Aux Îles, la consultation a commencé officiellement mardi soir avec une première rencontre où étaient réunis, les représentants de la Table de concertation sur les hydrocarbures des Îles-de-la-Madeleine, des élus et aussi la Coalition Saint-Laurent.

La consultation s'est poursuivie mercredi après-midi. Une quarantaine de personnes ont participé à une deuxième rencontre d'information, dont plusieurs étaient issus des associations de pêcheurs et l'industrie touristique.

Les questions ont été nombreuses. Dans l'archipel, les craintes sont vives face au projet de Corridor Resources, qui compte exploiter le gisement Old Harry dans le golfe Saint-Laurent, à 80 kilomètres seulement de ses côtes.

Toutefois, avant même la tenue des audiences publiques, mercredi soir, les premières critiques ont fusé sur la démarche qualifiée de bâclée et de rendez-vous manqué. consultation est .

L'organisme Attention FragÎle demande même une autre consultation avant le dépôt du rapport final. « Je vous rappelle que les gens avaient demandé une commission d'examen qui est une étude sur l'ensemble du golfe, étudiant tous les aspects du golfe, mais avec des consultations approfondies des communautés côtières. On est très très loin de ça. » a déploré la porte-parole de l'organisme Attention FragÎle, Danielle Giroux.

De son côté, la Coalition St-Laurent craint aussi que l'Office Canada-Terre-Neuve-Labrador sur les hydrocarbures extracôtiers manque de temps, alors que son rapport final est prévu pour la fin de 2013. On craint aussi qu'il ne soit pas au diapason avec celui du Québec, prévu pour la fin de l'année 2012.

« On leur a demandé, avez-vous des contacts avec Genivar, est-ce que peut-être, les conclusions de Genivar vont aller à l'encontre des vôtres et pourtant vous partagez la même frontière. Ils ont été un peu embêtés je vous avoue, on a senti qu'il n'y avait pas de contact avec ce qui se fait du côté de Genivar », a déclaré la responsable du dossier pétrole de la Coalition Saint-Laurent, Sylvain Archambault.

La prochaine rencontre de l'Office est prévue à Havre-Saint-Pierre, jeudi, de 17 h à 21 h à la salle communautaire de l'aréna Denis Perron. La dernière rencontre en sol québécois se déroulera lundi à Gaspé.

D'après les reportages de Martin Toulgoat et de Line Danis

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