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25/10/2012 01:40 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

De grands noms de l'industrie américaine ferment les vannes en Europe

De grands noms de l'industrie américaine taillent dans leurs effectifs et ferment des usines, notamment en Europe, pour réduire leurs coûts face à la crise du Vieux Continent, au ralentissement en Chine et aux incertitudes aux Etats-Unis.

En pleine saison de publication de leurs résultats trimestriels, les entreprises américaines annoncent en grand nombre un ralentissement de leur activité qui devrait s'accentuer dans les mois à venir.

"Les entreprises s'inquiètent de la croissance mondiale, pas nécessairement aux Etats-Unis mais plutôt en Asie et en Europe", constate l'économiste indépendant Joel Naroff.

"Elles n'ont pas de perspectives de croissance en Asie et en Europe à court terme. Le seul marché où il y a encore un tout petit peu de croissance, c'est les Etats-Unis, mais ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés après les élections (présidentielles du 6 novembre) en termes de taxation des revenus et des dividendes, ou en termes de dépenses publiques", renchérit Gregori Volokhine, stratège de Meeschaert New York.

"Alors pour préserver leurs bénéfices elles n'ont pas d'autre choix que de se replier" là où leurs perspectives de croissance sont les plus mauvaises, ajoute-t-il.

Ford a annoncé ces deux derniers jours la fermeture de trois usines, deux en Grande-Bretagne et une en Belgique, soit la supression de plus de 6.000 postes, alors qu'il s'attend à perdre au moins 1,5 milliard de dollars sur le Vieux Continent cette année.

Le groupe de chimie Dow Chemical a averti mardi qu'il supprimerait 2.400 emplois et fermerait vingt usines, dont au moins quatre en Europe.

Le fabricant de mouchoirs en papier Kimberly-Clark a déclaré mercredi vouloir éliminer 1.300 à 1.500 postes en Europe.

Sans compter le fabricant de microprocesseurs AMD, le géant de la chimie Dupont ou encore le groupe de produits de grande consommation Colgate, qui ont tous annoncé des réductions d'effectifs, sans préciser dans quels pays.

"Sur les années 2007-2008, l'ajustement s'était fait sur le territoire américain" en termes d'emplois, de capacités de production et de salaires, remarque Evariste Lefeuvre, économiste de Natixis. "Maintenant les perspectives de croissance en Europe sont déplorables" et le Vieux Continent est à son tour touché.

Outre la chute de l'activité, les multinationales ont pâti d'un taux de change défavorable en Europe alors que le billet vert s'est renforcé face à l'euro sur un an, diminuant mécaniquement la valeur des recettes en Europe.

Et elles s'attendent à ce que la morosité en Europe dure.

Le fabricant d'engins de chantier Caterpillar, qui n'a pas annoncé de licenciements, table sur une embellie aux Etats-Unis, en Chine et dans les pays en développement l'an prochain, mais sur "des difficultés persistantes en Europe".

Joel Naroff remarque que les entreprises "ne vont pas forcément mener à bien toutes les mesures annoncées" car elles ont évoqué des horizons très longs, jusqu'à dix-huit mois, pour les mener à bien. "Elles se protègent", conclut-il.

Mais les mauvaises nouvelles ne sont probablement pas finies, en particulier dans l'automobile, où la majorité des constructeurs disent pâtir de surcapacités de production qui alourdissent considérablement leurs coûts et minent leur rentabilité.

Morgan Stanley note, à propos des fermetures d'usines de Ford, que "la plus grande question est de savoir si d'autres peuvent lui emboîter" le pas et prendre "les décisions difficiles qui paieront sur le long terme".

Le numéro un américain de l'automobile GM, dont les résultats sont également plombés par des pertes en Europe, a déjà fait savoir qu'il annoncerait des mesures cet automne pour y diminuer sa capacité de production.

ved/sl/are

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