POLITIQUE
25/10/2012 01:32 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Montréal est aux prises avec la corruption et la collusion, dit Tremblay

CP

MONTRÉAL - Gérald Tremblay n'imitera pas son homologue de Laval, Gilles Vaillancourt, qui se retire temporairement de ses fonctions. Le maire de Montréal a affirmé, jeudi, avoir la ferme intention de compléter son mandat par respect pour les citoyens qui l'ont élu.

Malgré les allégations qui pèsent sur son parti Union Montréal, M. Tremblay ne compte pas se laisser distraire. Il dit vouloir continuer à donner suite à des projets qui sont fondamentaux pour la ville. Le maire ne veut surtout pas «trahir ses engagements», pris sous serment en 2009.

«Je suis passionné de cette ville depuis maintenant 11 années. Je consacre toutes mes énergies à réaliser l'avenir de la métropole du Québec et il me reste encore beaucoup de travail à faire», a lancé le maire.

Il a avoué que l'hôtel de ville est aux prises avec la corruption et la collusion «depuis des décennies».

Le chef d'Union Montréal a cependant réitéré que la métropole était gérée «de façon saine», avec la meilleure équipe qu'elle n'a jamais eue.

M. Tremblay, qui s'est dit «attentif aux témoignages de la Commission Charbonneau», demande maintenant à ce que tous les témoins soient entendus «avant de porter jugement sur des personnes».

La maire, qui n'a pas encore été interpellé par la juge France Charbonneau, a assuré qu'il donnerait sa version des faits «lorsque son tour viendra», se défendant au passage d'être responsable de la lenteur des procédures.

«J'ai peut-être quelques blâmes, mais ne me blâmés pas pour tout. Je suis prêt à livrer mon témoignage, mais je ne préside pas la commission et je ne décide pas de sa stratégie», a-t-il dit.

M. Tremblay a laissé planer le doute quant à ses intentions de solliciter un nouveau mandat en 2013, indiquant simplement qu'il ferait part de sa décision «au moment opportun». Une chose est certaine: son choix ne sera pas influencé par l'actualité, a-t-il dit.

Faisant référence aux problèmes de santé évoqués par M. Vaillancourt, Gérald Tremblay a assuré être en «pleine forme» et n'avoir aucun «problème de conscience» au moment de s'endormir.

De son côté, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, demande la création d'un poste de commissaire à l'éthique et à la déontologie, muni de pouvoir d'enquête et de sanction.

Mme Harel a d'ailleurs contacté le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, à cet effet.

Celle qui a déjà confirmé sa candidature à la course à la mairie en 2013 soutient «avoir fait de l'ordre» au sein de son propre partie et être maintenant prête à s'occuper du désordre à l'hôtel de ville.

Devant toutes les allégations de corruption et de collusion à l'hôtel de ville, Mme Harel croit que cette mesure mettra fin au sentiment d'impuissance des Montréalais.

«Si l'on peut entendre avec le dégoût que ça provoque tout ce qu'on entend à la Commission Charbonneau et qu'après on joue à Ponce Pilate, il y a quelque chose que la population ne peut pas accepter», a-t-elle déclaré.

De nouveau, elle a exhorté le maire à quitter ses fonctions.

Mais une éventuelle démission du maire ne changera rien à la situation, de l'avis du chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, qui croit que l'administration Tremblay sera paralysée pour la prochaine année, notamment avec le renforcement de la loi 35 sur l'attribution des contrats publics.

À son avis, il n'existe aucun recours pour forcer le maire à quitter ses fonctions. «On va devoir souffrir la personne de Gérald Tremblay peut-être jusqu'à l'élection du 3 novembre prochain», a-t-il dit.

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