POLITIQUE
24/10/2012 11:34 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

L'unilinguisme à la maison est en baisse à Montréal selon le dernier recensement (VIDÉO)

OTTAWA - Le nombre de Montréalais qui parlent exclusivement le français ou l'anglais à la maison est en baisse dans la métropole, où les effets de l'immigration se font de plus en plus sentir, selon les chiffres du dernier recensement de 2011.

De 46 pour cent habitants de l'île de Montréal qui parlaient uniquement le français dans leur foyer en 2001, ils ne sont plus que 39 pour cent à le faire en 2011.

L'unilinguisme anglais à la maison aussi est en baisse, ont révélé les données du recensement dévoilées mercredi par Statistique Canada.

Les résidents de l'île de Montréal sont ainsi de plus en plus nombreux à bavarder chez eux dans une autre langue. Près de 11 pour cent des Montréalais y parlaient une langue immigrante l'an dernier.

De plus, ils sont 12 pour cent à parler le français ainsi qu'une autre langue à la maison en 2011 — alors qu'ils n'étaient que 9,7 pour cent à faire une telle déclaration lors du recensement d'il y a cinq ans.

Dans la région de Montréal (qui inclut la couronne du 450), 625 000 personnes, soit 16,5 pour cent de la population, affirment parler chez eux une langue immigrante. Des chiffres bien en-deçà de ce que l'on retrouve dans les deux autres métropoles, qui sont plus multiculturelles. À Toronto, c'est 32 pour cent de la population qui parle le plus souvent une langue autre que l'anglais et le français dans leur salon, et 31 pour cent des habitants de Vancouver.

Chez les Montréalais, c'est surtout l'arabe qui sert aux conversations autour de la table (17 pour cent d'entre eux), l'espagnol (15 pour cent) suivi de l'italien, du chinois et du créole.

Mais si l'on regarde la composition de la grande région de Montréal, le français à la maison est beaucoup plus utilisé. Il s'agit alors d'un peu plus de la moitié (56 pour cent) de la population qui discute uniquement en français à la maison en 2011.

Car les anglophones se situent en général sur l'île de Montréal, alors que ceux dont la langue d'usage ou la langue maternelle est le français ont tendance à migrer vers les banlieues, explique Jean-Pierre Corbeil, responsable des programmes linguistiques à Statistique Canada.

Il rajoute que l'immigration a joué un rôle évident dans les données recueillies.

«Le Québec reçoit bon an mal an plus de 50 000 immigrants dont 80 pour cent n'ont pas le français ou l'anglais comme langue maternelle; donc il en découle automatiquement que la proportion du nombre de personnes de langue maternelle française ou de langue d'usage française va être à la baisse», a fait valoir M. Corbeil.

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