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Sables bitumineux: des retombées qui se chiffrent en milliards

24/10/2012 04:30 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

L'exploitation des sables bitumineux mènera à des investissements de centaines de milliards de dollars dans le futur, ce qui conduira à la création de millions d'emplois et à des retombées économiques pour plusieurs autres provinces, selon une étude du Conference Board du Canada.

L'organisation affirme ainsi que 364 milliards de dollars seront investis au Canada dans les 25 prochaines années, faisant du pays le quatrième producteur de pétrole au monde. Ces investissements devraient faire travailler 3,2 millions de personnes, et pas seulement dans l'Ouest.

« La majeure partie des retombées bénéficieront à l'Alberta, mais près du tiers de celles-ci seront dirigées vers d'autres provinces », indique le rapport.

Après l'Alberta, l'Ontario devrait être la province qui bénéficiera le plus des retombées des sables bitumineux, avec 14,8 %, suivie de la Colombie-Britannique, puis du Québec, avec moins de 4 % des retombées économiques.

Le document indique que l'important secteur manufacturier ontarien devrait fournir beaucoup de ressources aux compagnies pétrolières, mais que ce sera les besoins en services administratifs, comme les services d'agences de placement, de firmes de recherche ou de firmes informatiques qui permettront à la province de tirer son épingle du jeu.

Par ailleurs, la part du Québec devrait revenir aux grandes entreprises actives en Alberta, comme CGI ou le CN, dont les sièges sociaux sont à Montréal.

Au total, en 25 ans, les emplois directs et indirects créés par l'industrie des sables bitumineux devraient générer 172 milliards de revenus à travers le pays.

L'étude note d'ailleurs à ce sujet qu'étant donné qu'un nombre significatif de travailleurs pétroliers ne proviennent pas de l'Alberta, une partie du revenu d'emplois de ces travailleurs devrait profiter à d'autres provinces.

Effets « collatéraux »

En plus de créer des emplois, l'industrie pétrolière canadienne créera aussi des milliards en revenus fiscaux. Le Conference Board calcule que d'ici 2035, les activités de l'industrie apporteront 45,3 milliards de dollars dans les coffres du gouvernement fédéral. Près de la moitié de cet argent proviendra de l'impôt sur le revenu des compagnies, 36 % du revenu des particuliers et 6 % des taxes sur les produits et services.

Quant aux revenus fiscaux engrangés par les provinces, ils devraient être de 34,1 milliards en 25 ans. Évidemment, l'Alberta remportera la plus grande part du gâteau, avec 26,3 milliards. Suivent, dans le même ordre que pour la création d'emplois, l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec. Ce dernier devrait recevoir 1,3 milliard d'impôts grâce à l'industrie pétrolière canadienne. La Saskatchewan ne sera pas en reste, avec 680 millions, mais l'effet sur le reste des autres provinces canadiennes devrait être plutôt réduit.

Des milliards et des études

De multitudes d'études sur les sables bitumineux sont dévoilées depuis peu. Celles-ci sont souvent contradictoires.

Par exemple, en mai, l'Institut Pembina avait conclut que les sables bitumineux génèrent au Canada des retombées économiques à court terme, mais dont l'importance est souvent exagérée. L'étude ajoutait que ces retombées sont réparties inégalement à travers le pays, et qu'elles pourraient éventuellement réserver de mauvaises surprises.

Une autre étude dévoilée le même jour par l'Institut Macdonald-Laurier concluait plutôt que l'industrie canadienne des hydrocarbures profite à l'ensemble du pays, puisque les dollars générés par les exportations de pétrole et de gaz naturel servent ensuite à acheter des biens et services au Canada.

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