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24/10/2012 10:43 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

L'économie croît mais une hausse des taux est «moins imminente», dit Mark Carney

OTTAWA - Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a indiqué qu'il n'était pas aussi impatient de hausser les taux d'intérêt qu'il ne l'était il y a quelques mois, mais il a clairement indiqué que le prochain changement apporté à son taux directeur serait vraisemblablement une hausse.

M. Carney réagissait ainsi à la publication, mercredi matin, des plus récentes perspectives économiques trimestrielles de la banque centrale, ainsi qu'au léger brouhaha qui a suivi le dévoilement de la plus récente décision de la banque centrale au sujet de son taux d'intérêt directeur.

Comme prévu, la banque a laissé son taux directeur à un pour cent pour un 17e fois consécutive, mais elle a changé son choix de mots au sujet d'une éventuel resserrement de sa politique monétaire pour préciser qu'«au fil du temps», une modeste réduction de la détente monétaire serait probablement nécessaire.

«La justification d'un ajustement est devenue moins imminente», a expliqué mercredi M. Carney. Mais, en observant que l'économie continuait à croître et que les ménages canadiens faisaient face à un important niveau d'endettement, le gouverneur a précisé qu'«avec le temps, les taux sont plus susceptibles de grimper que (de reculer)».

Le gouverneur a en outre indiqué que, même s'il avait évoqué dans sa déclaration le niveau d'endettement comme un facteur dans la prise de décision de la politique monétaire, cela restait «sa dernière ligne de défense» et que le gouvernement fédéral avait de meilleurs outils pour s'attaquer à ce problème.

«En raison des vents contraires, il existe un besoin de mettre en place une politique monétaire très stimulante, pour encourager les entreprises à investir et encourager les ménages à emprunter», a-t-il expliqué.

«Une des conséquences de cette situation est le risque entourant la dette des ménages et la meilleure première réponse à ce problème est d'utiliser d'autres instruments.»

La plupart des économistes du secteur privés ne croit pas que M. Carney ne touchera à son taux d'intérêt directeur avant la fin 2013 ou le début 2014.

Dans l'ensemble, M. Carney s'est dit légèrement plus optimiste qu'il y a quelques mois au sujet des développements à travers le monde et de certains aspects de l'économie canadienne.

Le marché du logement semble connaître un ralentissement, tout comme la croissance du crédit au sein des ménages, mais en raison de facteurs de ralentissement, le ratio de la dette au revenu devrait continuer à grimper au-dessus de son niveau actuel de 161 pour cent avant de se stabiliser en 2014.

Mais le changement le plus significatif pourrait se trouver dans les risques pour l'économie mondiale, maintenant que les décideurs en Europe et aux États-Unis ont entrepris des actions dynamiques. La Réserve fédérale américaine a notamment introduit le mois dernier une troisième ronde d'assouplissement quantitatif. En outre, le Chine semble être en voie de mettre fin au ralentissement de sa croissance et le marché américain de l'habitation prend du mieux.

«En mettant tout ça ensemble, ces (développements) ont réduit le risque mondial et nos perspectives pour l'activité étrangère restent assez fortes», a précisé M. Carney.

Dans son Rapport sur la politique monétaire rendu public en matinée, la Banque du Canada a estimé que la croissance économique du pays connaissait une certaine reprise — bien que modérée — après avoir ralenti de façon plus marquée au troisième trimestre.

La banque estime que le Canada a connu de juillet à septembre son pire trimestre depuis le printemps 2011, ne progressant que de un pour cent, soit la moitié du taux de croissance attendu par l'institution.

Mais les plus récentes prévisions de la Banque du Canada misent sur une reprise sur la scène mondiale et aux États-Unis, ce qui pourrait donner un coup de pouce aux exportateurs canadiens et aider l'économie à rebondir à un taux de croissance de 2,5 pour cent pour les trois derniers mois de l'année et à afficher une croissance de 2,6 pour cent pour les trois trimestres suivants.

«La Banque prévoit que la croissance économique au Canada augmentera au cours des prochains trimestres, pour atteindre un rythme un peu plus élevé que celui de la production potentielle», peut-on lire dans le rapport.

«La reprise de la croissance par rapport à son creux au troisième trimestre de cette année devrait être surtout alimentée par une hausse modeste des exportations nettes. Cette évolution découle d’un certain équilibre entre les défis sur le plan de la compétitivité et l’amélioration projetée de l’expansion de l’activité à l’étranger.»

Sur une base annuelle, la banque calcule que la croissance sera en moyenne de 2,2 pour cent cette année, de 2,3 pour cent en 2013 et de 2,4 pour cent en 2014.

Cependant, l'économie performe toujours en deçà de sa capacité et ne tournera pas à plein régime avant la fin de l'an prochain, a ajouté la banque centrale.

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