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23/10/2012 12:56 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Obama/Romney: après les plateaux TV, 15 jours de blitz électoral

Après leur ultime débat, qui ne devrait avoir qu'un impact marginal sur le choix des électeurs, Barack Obama et Mitt Romney vont porter dans les deux dernières semaines la bataille pour la Maison Blanche sur le terrain, dans une dizaine d'Etats décisifs.

Bien que le président américain ait profité de sa position de commandant en chef pour souligner l'inexpérience de Mitt Romney, plusieurs experts interrogés par l'AFP estiment que le débat, sur un thème qui intéresse traditionnellement peu les Américains, devrait avoir un impact limité sur la dernière ligne droite dans laquelle chaque candidat va employer les grands moyens.

"Tout dépend de la mobilisation des électeurs, et de la capacité de chaque camp dans les deux dernières semaines à frapper à chaque porte", estime Christopher Arterton, estime Christopher Arterton, professeur à l'Université George Washington.

"Tout va dépendre des opérations de terrain, encore plus que de la publicité", ajoute-t-il. "Il y a tellement de publicité que l'influence marginale de chaque dollar dépensé en publicité est très réduite".

Mitt Romney et le parti républicain disposaient fin septembre d'un avantage financier conséquent avec 146 millions de dollars de trésorerie, contre seulement 104 pour Barack Obama et les démocrates.

A dépenser en seulement deux semaines, ces sommes excèdent largement la totalité des dépenses du républicain John McCain en 2008 dans les deux mois qui ont séparé son investiture de l'élection (84 millions, montant du financement public plafonné qu'il avait alors accepté).

L'électorat féminin sera le plus disputé de ces deux dernières semaines, après un rattrapage de Mitt Romney dans cette catégorie en octobre, à l'aune d'un recentrage sur plusieurs questions de société et économiques.

Lundi soir lors du débat, les candidats ont multiplié les réponses ciblant les femmes et l'économie, au risque d'apparaître hors sujet.

"Romney avait une stratégie intéressante, qui consistait à être d'accord avec Obama sur plusieurs points, peut-être car il ne voulait pas paraître conflictuel, et il a souvent changé le sujet de la politique étrangère vers la politique intérieure", analyse Dotty Lynch, professeur à l'American University.

"Il a réussi à montrer qu'il n'était pas le dangereux conservateur qu'Obama tentait de dépeindre", estime Christopher Arterton, pour qui "Obama a réussi à continuer à s'adresser aux femmes grâce à ce débat".

Déjà saturés de publicités politiques dans certaines villes, les espaces publicitaires des télévisions vont être pris d'assaut, des chaînes nationales aux plus petites chaînes du câble, et selon Dotty Lynch avec un ciblage particulier pour les femmes et les ouvriers.

Plus discrètement, dans les Etats clés comme la Virginie, l'Ohio, la Floride et le Wisconsin, des milliers de bénévoles et salariés maillent déjà les quartiers pour inciter les électeurs à voter dès aujourd'hui, par correspondance ou en personne dans certains Etats.

Plus de 4,5 millions d'électeurs ont ainsi déjà voté, selon des chiffres officiels compilés par l'expert Michael McDonald, à l'Université George Mason. Historiquement, les démocrates ont un avantage sur ces opérations.

Mardi matin, le vote anticipé sera possible dans les 50 Etats américains et le District de Columbia, siège de la capitale.

"A ce jour, la course est si serrée qu'on peut imaginer que tout finisse par dépendre d'un seul Etat", conclut Charles Franklin, cofondateur du site Pollster.com, qui rappelle qu'en 2004, il avait fallu attendre le lendemain de l'élection pour connaître les résultats définitifs de l'Ohio, et donc la victoire de George W. Bush.

ico/jca

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