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23/10/2012 10:07 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

L'UCI déterminera si elle doit réattribuer les Tours de France d'Armstrong

GENÈVE - À qui les sept Tours de France de Lance Armstrong vont-ils être réattribués? La question épineuse, déjà tranchée par l'Agence américaine antidopage et la direction du Tour de France, sera réglée ce vendredi par l'Union cycliste internationale lors d'une réunion de son comité directeur sur l'avenir du cyclisme.

Armstrong a été déchu lundi de toutes ses victoires acquises depuis août 1998 et banni à vie par l'UCI, validant une décision prise par l'Agence américaine antidopage (USADA) sur le base d'un rapport, dévoilé le 11 octobre, qui détaille l'implication d'Armstrong de 1998 à 2009 dans «le programme de dopage le plus sophistiqué et réussi que le sport ait jamais connu», au sein des équipes américaines US Postal et Discovery Channel.

Quand l'Espagnol Alberto Contador a perdu sa victoire dans le Tour 2010 en raison d'un contrôle antidopage positif au clenbutérol, la victoire est revenue à son dauphin, le Luxembourgeois Andy Schleck, comme en 2006 lorsque l'Espagnol Oscar Pereiro a récupéré le titre après la disqualification pour dopage de l'Américain Floyd Landis, un ancien équipier d'Armstrong.

Suivant cette logique, les dauphins d'Armstrong entre 1999 et 2005 peuvent prétendre à récupérer les victoires: le Suisse Alex Zülle en 1999, l'Allemand Jan Ullrich en 2000, 2001 et 2003, l'Espagnol Joseba Beloki en 2002, l'Allemand Andreas Klöden en 2004 et l'Italien Ivan Basso en 2005.

Outre les Tours de France et les autres victoires, dont 23 étapes du Tour de France, l'UCI va aussi réfléchir sur le sort de la médaille de bronze du contre-la-montre des Jeux de Sydney en 2000 et de toutes les primes remportées par le Texan.

L'UCI va aussi se pencher sur la façon de gérer les aveux de coureurs dopés et de restructurer le sport afin de prévenir les conspirations telles que celle orchestrée par Armstrong et son entourage.

«Le sport doit tirer toutes les leçons qu'il peut de ceci et s'en servir comme levier pour convaincre les athlètes qu'il n'y a pas d'avenir avec le dopage», a déclaré le président de l'UCI Pat McQuaid à l'Associated Press.

Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, a exprimé sa position de ne pas voir les titres d'Armstrong attribués à d'autres coureurs.

«Nous souhaitons un palmarès blanc et que ces années restent sans vainqueur», a-t-il affirmé, avant d'ajouter qu'il attendait que l'UCI prenne position.

L'USADA a adopté la même ligne avec un argument massue: 20 des 21 coureurs présents sur le podium du Tour entre 1999 et 2005 — le 21e étant l'Espagnol Fernando Escartin troisième en 1999 — ont «directement été impliqués dans une affaire de dopage, par le biais d'un contrôle, d'une sanction ou d'une enquête», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

«Il y a eu une période durant laquelle la culture dans le cyclisme voulait que tout le monde se dope. Il n'y a aucun doute là-dessus», a abondé pour sa part le président de l'Agence Mondiale antidopage, John Fahey sur une radio australienne, ABC radio.

L'exemple de Jan Ulrich est le plus emblématique. Alors qu'il pourrait récupérer trois victoires sur la Grande Boucle, le coureur allemand a été contrôlé en interne aux amphétamines en 2002 et a été impliqué dans l'affaire Puerto en 2006, un vaste réseau de dopage organisé par le Dr Fuentes. Son mentor et directeur sportif, Rudy Pevenage, a d'ailleurs reconnu ses pratiques de dopages durant les années 2000.

De son côté, Armstrong a retiré la mention «septuple vainqueur du Tour» de son compte Twitter, prenant en compte la décision de l'UCI. Le coureur américain conserve néanmoins ses titres acquis avant 1998 : un titre de champion du monde sur route en 1993 à Oslo, un titre de champion des États-Unis en 1993, deux victoires d'étapes dans le Tour en 1993 et 1995, une Clasica San Sebastian en 1995 et une Flèche Wallonne en 1996.

Son meilleur classement dans le Tour de France est désormais une 36e place en 1995.

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