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23/10/2012 01:12 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

L'UCI doit faire son ménage, dit l'AMA

L'Agence mondiale antidopage croit que l'Union cycliste internationale doit faire le ménage dans sa demeure. « Enlevez vos oeillères », demande John Fahey, patron de l'AMA.

C'est dans une interview au réseau Fox Sports en Australie que le patron de la lutte mondiale contre le dopage a tenu ces propos cinglants.

« Avec le recul, il est clair que le dopage était répandu, a expliqué John Fahey. Si le dopage était aussi répandu, alors la question qu'on peut légitimement poser, c'est: qui tentait de l'arrêter ? Qui travaillait dans le but d'y faire obstacle ? Pourquoi cela n'a pas été stoppé ? Je crois qu'il est pertinent de poser ces questions. »

Et de viser les actuels et précédents dirigeants de la fédération internationale.

« Il est clair que (l'UCI) doit enlever les oeillères, examiner le passé, étudier les gens qui sont là, se demander si ce sont les mêmes gens qui sont impliqués dans le sport et s'il est possible d'aller de l'avant avec les gens qui restent. »

John Fahey croit que la démarche de l'UCI ne sera pas crédible si elle ne suit pas une profonde remise en question.

« Je crois qu'ils ont besoin que les gens reprennent confiance en ce sport, afin que les millions d'amateurs à travers le monde regardent et soutiennent ce sport dans les prochaines années. En ce moment, si vous êtes un amateur de cyclisme, vous vous dites : "est-ce que ça vaut la peine?.

« Tout le monde se dopait pendant l'ère Armstrong, lance M. Fahey, et l'UCI doit examiner comment un dopage aussi répandu a pu passer inaperçu. »

John Fahey rappelle les témoignages des anciens coéquipiers de Lance Armstrong.

« Un après l'autre, ils ont dit la même chose : qu'on ne pouvait pas courir à moins d'être dopé », a-t-il dit.

Des propos directs qui interpellent l'UCI et ses méthodes de travail au lendemain de sa décision d'entériner les conclusions de l'enquête de l'USADA. Une décision qui s'imposait, selon le président McQuaid.

« Les décisions que nous avons prises (lundi) nous ont donné l'autorité morale, estime le président de l'UCI à l'agence Associated Press. Nous n'avons pas tenté de trouver une façon de défendre une légende de notre sport. Nous avons accepté la réalité. Nous avons accepté les faits et les faits sont là.

« Qu'est-ce qu'il y a dans notre sport qui force les athlètes à faire ce qu'ils font? Si nous pouvons changer la structure afin qu'elle affaiblisse les possibilités que les athlètes et les équipes adoptent des programmes de dopage, nous allons le faire », a prévenu Pat McQuaid.

L'UCI est visiblement prête à faire le ménage.

Lundi, sur RDI, la scientifique canadienne Christiane Ayotte a expliqué que l'UCI vendait un spectacle, et qu'elle avait eu grâce à Lance Armstrong et à Tyler Hamilton une « porte ouverte » au marché américaine.

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