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L'émir du Qatar à Gaza, première visite d'un chef d'Etat depuis 2007

23/10/2012 05:16 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

L'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, effectuait mardi une visite "historique" dans la bande de Gaza, la première d'un chef d'Etat depuis que le Hamas a pris le contrôle de ce territoire palestinien en 2007.

Cette brève visite revêt d'autant plus d'importance qu'à de rares exceptions près, les personnalités qui viennent à Gaza depuis cinq ans, comme le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ou les ministres européens des Affaires étrangères, évitent tout contact avec le Hamas, boycotté par la communauté internationale pour son refus de reconnaître Israël et de renoncer à la lutte armée.

"Aujourd'hui vous annoncez officiellement la levée du blocus politique et économique imposé à la bande de Gaza", a déclaré M. Haniyeh à l'intention de cheikh Hamad, lors d'une cérémonie à Khan Younès (sud) pour poser la première pierre d'un projet immobilier destiné à des familles défavorisées, qui portera le nom de l'émir.

"Aujourd'hui nous abattons le mur du blocus (israélien) grâce à cette visite historique et bénie", a-t-il ajouté.

"L'émir a accepté d'augmenter l'investissement du Qatar de 254 à 400 millions de dollars" (de 195 à 307 M EUR), a-t-il indiqué, en référence à un projet annoncé par le Qatar le 25 septembre pour la reconstruction du territoire palestinien, dévasté par l'opération israélienne "Plomb durci" en décembre 2008-janvier 2009, notamment pour des infrastructures routières et des logements.

M. Haniyeh a précisé que les fonds supplémentaires serviraient essentiellement à porter à 3.000 unités de logement la capacité de la future "cité de l'émir Hamad" près de Khan Younès et à un projet immobilier de 25 millions de dollars (19 M EUR) pour les prisonniers libérés par Israël en échange du soldat Gilad Shalit en 2011.

L'émir est arrivé d'Egypte peu après 10H45 (08H45 GMT) à la tête d'une importante délégation comprenant son épouse, cheikha Moza, et son Premier ministre, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani, via le terminal de Rafah, où l'a accueilli par M. Haniyeh.

Les deux hommes se sont tenus côte à côte pendant que les hymnes nationaux palestinien et qatari étaient joués, avant de fouler un tapis rouge devant une garde d'honneur.

L'émir a ensuite été accueilli par un parterre de responsables, dont les ministres du gouvernement de Gaza, Mahmoud Zahar, un dirigeant local du Hamas, et Saleh Arouri, un cadre du mouvement basé en Turquie, venu pour l'occasion.

Cheikh Hamad avait atterri peu auparavant à l'aéroport égyptien d'Al-Arich, dans le Sinaï, pour rejoindre en hélicoptère le côté égyptien de Rafah.

Il était déjà venu en 1999 à Gaza, où il avait été reçu par le président Yasser Arafat.

Le Hamas, qui dénonce "le blocus politique" dont il se dit victime malgré sa victoire aux élections législatives de 2006, s'évertue à attirer des personnalités internationales à Gaza depuis qu'il en a chassé l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas en juin 2007.

En septembre 2011, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait renoncé à se rendre dans la bande de Gaza pendant une tournée dans les pays du "Printemps arabe", au grand dam du Hamas.

Le Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a dénoncé la visite de l'émir du Qatar, appelant dans un communiqué lundi soir les pays arabes à "ne pas poursuivre la politique d'établissement d'une entité séparatiste dans la bande de Gaza, qui sert fondamentalement les desseins israéliens".

Mahmoud Abbas a remercié dimanche, dans une conversation téléphonique avec cheikh Hamad, le Qatar pour ses efforts en faveur de Gaza, mais a insisté sur la nécessité de "préserver l'unité des Territoires palestiniens et de mettre fin à la division", selon l'agence officielle palestinienne WAFA.

Le quotidien Al-Ayyam, proche de l'Autorité palestinienne, qui gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, a publié une caricature sur laquelle on peut lire "Le diviseur n'est pas le bienvenu".

Israël a également déploré lundi que cheikh Hamad, par cette visite, "prenne parti pour le Hamas contre l'Autorité palestinienne".

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