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23/10/2012 03:06 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

Le nombre de détenus qui s'automutilent a triplé en cinq ans

OTTAWA - L'enquêteur correctionnel fédéral affirme que le nombre de détenus qui se sont automutilés dans les prisons fédérales a pratiquement triplé depuis cinq ans.

Le rapport annuel présenté mardi par Howard Sapers précise que les femmes et les autochtones sont les plus susceptibles de se taillader, de s'autoétrangler, de se frapper la tête, de se brûler ou d'ingérer des objets ou substances dangereux.

M. Sapers dénonce le fait que le Service correctionnel du Canada continue à traiter de tels incidents comme des problèmes de sécurité plutôt que comme des problèmes de santé mentale.

Il affirme qu'on accorde trop d'importance à l'entreposage des détenus dans un environnement sécuritaire, et trop peu à leur préparation pour un éventuel retour en société.

Les prisons sont devenues des milieux plus durs, dit l'enquêteur. Elles sont bondées de détenus plus âgés qui ont écopé de peines plus longues, et le système criminalise les problèmes de santé mentale — des facteurs qui contribuent tous, selon lui, à une recrudescence du nombre d'incidents d'automutilation.

Il recommande d'interdire de placer les détenus suicidaires ou dangereux pour eux-mêmes en isolation prolongée et souhaite que les détenus ayant des problèmes de santé mentale soient déplacés vers des hôpitaux sécurisés où ils pourront être soignés.

«Il existe des endroits sécuritaires pour ces gens où ils recevront le traitement dont ils ont besoin au lieu de les laisser dans une cage et les poivrer occasionnellement ou de leur passer les menottes», a dit M. Sapers lors d'une conférence de presse.

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