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Le Hezbollah est pointé du doigt pour l'assassinat d'un chef de renseignement

23/10/2012 06:15 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

BEYROUTH - Le Hezbollah, puissant allié de la Syrie, a été pointé du doigt mardi par ses opposants politiques libanais pour avoir prétendument participé à l'assassinat du brigadier général Wissam al-Hassan, chef du renseignement policier libanais et opposant influent au gouvernement syrien.

Le Hezbollah, qui domine le gouvernement libanais, a rejeté les demandes visant à référer l'enquête sur la mort de M. al-Hassan au même tribunal international qui a reconnu l'implication de membres du Hezbollah dans l'attentat au camion piégé qui a tué l'ancien premier ministre du pays, Rafik Hariri.

M. al-Hassan a été tué le 19 octobre dernier dans des circonstances similaires, quand un véhicule piégé a explosé à côté de sa voiture dans un quartier résidentiel de Beyrouth, arrachant les balcons des tours d'habitation et tuant, en plus du brigadier général, son garde du corps et un civil. De nombreuses autres personnes ont été blessées.

L'assassinat a ravivé le débat politique le plus délicat au Liban, celui qui distingue les alliés du président syrien Bachar al-Assad de ses opposants.

Les deux plus importantes coalitions politiques du Liban ont pris des positions différentes au sujet de la guerre civile qui déchire la Syrie. Le mouvement politique chiite du Hezbollah et ses partenaires dominent le gouvernement et soutiennent le régime de Bachar al-Assad. L'opposition, composée surtout de sunnites, appuie plutôt les rebelles qui tentent de renverser le gouvernement syrien.

Le brigadier général al-Hassan, un musulman sunnite, était de ce dernier groupe, et son assassinat a été lié à la violence sectaire que connaît le Liban, dont les nombreux groupes entretiennent des liens avec leurs camarades à l'extérieur des frontières libanaises. Au moins 13 personnes sont mortes en raison de violences opposant des partisans à des opposants du régime al-Hassad, faisant de ces violences les plus meurtrières en quatre ans.

Les enquêteurs libanais n'ont toujours pas blâmé un groupe en particulier pour l'assassinat de M. al-Hassan, mais les détails du complot rendus publics mardi laissent croire qu'il s'agirait d'un travail effectué par une personne qui a traqué les déplacements internationaux de M. al-Hassan et surveillé le bureau secret où il avait l'habitude de rencontrer ses informateurs.

Ces détails sont pour les politiciens opposés au gouvernement syrien de nouveaux indices laissant croire que le régime al-Assad et le Hezbollah sont derrière l'attentat.

Selon le député Khaled Daher, les autorités de l'Aéroport de Beyrouth, sous l'influence du Hezbollah, pourraient avoir aidé les tueurs. Les services de sécurité ont indique que M. al-Hassan était rentré au Liban après une visite en Europe le soir avant son assassinat, qu'il avait utilisé un faux nom et n'avait avisé que quelques personnes de son retour à Beyrouth.

«L'aéroport est rempli de gangs du Hezbollah qui laissent entrer qui ils veulent dans Beyrouth», estime M. Daher.

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