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23/10/2012 10:15 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

Le Hamas mobilise un protocole étatique pour accueillir l'émir du Qatar

Hymnes nationaux, tapis rouge, garde d'honneur, présence affichée des "Premières dames": le Hamas a déployé tous les apparats du pouvoir étatique pour accueillir à Gaza son hôte de marque, l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani.

Dès sa descente de voiture au terminal de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, l'émir du Qatar a été accueilli par le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, entre des haies de gardes du corps.

Côte à côte, les deux hommes se sont tenus au garde à vous pendant que les hymnes nationaux palestinien et qatari étaient joués.

Puis, suivis de leurs épouses, cheikha Moza, la longiligne et photogénique princesse du Qatar, et Oum al-Abed, la femme d'Ismaïl Haniyeh, vêtue d'un simple voile, dont c'était la première participation à un événement politique, ils se sont avancés sur le tapis rouge, encadrés par une garde d'honneur.

Cheikh Hamad a ensuite été salué par un parterre de responsables, dont les ministres du gouvernement de Gaza, Mahmoud Zahar, un dirigeant local du Hamas, et Saleh Arouri, un important cadre en exil du mouvement basé en Turquie, arrivé exprès dans la matinée pour l'occasion.

A Khan Younès, plus au nord, au milieu d'une cérémonie pour la pose de la première pierre d'un projet immobilier destiné à des familles défavorisées qui portera son nom, cheikh Hamad et son épouse ont écouté une petite fille en robe traditionnelle réciter un poème en l'honneur de l'émir du Qatar. Attendris, tous deux l'ont embrassée chaleureusement.

"Aujourd'hui vous annoncez officiellement la levée du blocus politique et économique imposé à la bande de Gaza", a jubilé M. Haniyeh, à l'adresse de son hôte.

Le long des principales artères de la bande de Gaza, pavoisées de milliers de drapeaux qataris en palestiniens, s'agglutinaient des groupes d'enfants, arborant des photos géantes de cheikh Hamad.

"Merci au Qatar qui tient ses promesses" ou "Bienvenue" pouvait-on lire sur des panneaux le long de la route Salaheddine, qui parcourt le territoire palestinien du nord au sud.

Le Hamas, qui dénonce le boycottage international malgré sa victoire aux élections législatives de 2006, s'évertue à attirer des personnalités internationales à Gaza depuis qu'il en a chassé l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas en juin 2007.

En septembre 2011, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait renoncé à se rendre dans la bande de Gaza pendant une tournée dans les pays du "Printemps arabe", au grand dam du Hamas.

En août 2012, nouvelle déconvenue, M. Haniyeh avait dû renoncer à se rendre au sommet des Non-Alignés à Téhéran, en raison des menaces de boycott de M. Abbas.

"Vouloir établir un émirat indépendant à Gaza ne marchera pas", avait asséné le président palestinien lors d'une allocution télévisée en septembre.

Le même mois, il avait dû protester auprès de l'Egypte, dont le Premier ministre avait reçu M. Haniyeh, soulignant que celui-ci n'avait "pas de fonction officielle".

bur-sst/agr/hj

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