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23/10/2012 08:33 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

La Jordanie annule une licence d'exploitation d'uranium d'Areva

La Jordanie a annoncé mardi avoir annulé une licence d'exploitation d'uranium attribuée à une coentreprise du géant nucléaire français Areva, lui reprochant d'avoir transmis des informations sous-estimant la quantité de minerai découvert.

Areva a affirmé de son côté qu'il ne s'agissait pas d'une licence d'exploitation mais d'exploration et souligné que la décision d'y mettre un terme avait été prise d'"un commun accord" entre les partenaires.

"La licence de la Jordanian French Uranium Mining Company (JFUMC) l'autorisant à exploiter des mines d'uranium dans le centre de la Jordanie est désormais nulle", a fait savoir la Commission jordanienne pour l'énergie atomique.

"L'entreprise n'a pas remis ses rapports à temps, et les découvertes d'uranium qu'elle a annoncées étaient inexactes," a expliqué la commission dans un communiqué.

La co-entreprise entre Areva et Jordan Energy Resources Incorporated avait annoncé en juin avoir découvert plus de 20.000 tonnes d'uranium dans ce gisement en Jordanie, pays qui cherche à développer l'énergie nucléaire pour satisfaire ses besoins intérieurs croissants en électricité.

Mais la Commission jordanienne pour l'énergie atomique a indiqué avoir "embauché une importante firme australienne pour réévaluer les ressources en uranium, et celle-ci a découvert que les ressources atteignent le double du montant annoncé par la JFUMC".

"L'annulation de la licence n'entraîne aucune responsabilité financière ou légale pour aucune des parties. La Jordanian French Uranium Mining Company devra assumer le coût d'exploration de 20 millions de dinars (28 millions de dollars)", a-t-elle souligné.

"Après avoir consulté d'autres compagnies internationales, la commission va continuer ses travaux d'exploration dans le centre de la Jordanie, en s'appuyant sur l'expertise locale", a-t-elle ajouté.

De son côté, une porte-parole d'Areva a expliqué que le groupe avait "créé une coentreprise, la JFUMC, dans le cadre d'une convention minière portant sur l'exploration d'uranium en Jordanie, et qui arrivait à son terme cette année".

"Cette convention expirait en janvier 2012 et après avoir été prolongée de quelques mois, la décision a été prise de l'arrêter, d'un commun accord" entre les partenaires, "car nous avons estimé que nous avions effectué notre travail", à savoir trouver de l'uranium, a-t-elle ajouté.

Selon cette porte-parole, la fin de cette convention entraîne la dissolution de la coentreprise, d'où la révocation de son permis d'explorer.

Le groupe français a souligné que l'accord était purement exploratoire et qu'il n'était pas prévu qu'il débouche sur l'exploitation de gisements par la coentreprise.

En 2010, Amman avait signé un accord avec Areva --qui avait commencé ses explorations dans le centre de la Jordanie en 2008 -- lui accordant des droits exclusifs pour l'exploitation de l'uranium dans le centre de la Jordanie.

Cette annonce n'a, en tout cas, aucun impact sur l'appel d'offres concernant le premier réacteur nucléaire dont souhaite se doter le royaume et pour lequel Areva a fait une offre conjointe avec le japonais Mitsubishi.

Le groupe russe Atomstroyexport est également candidat. La Jordanie doit annoncer sous peu le nom de la compagnie sélectionnée.

Le royaume, constitué à 92% de désert, est l'un des 10 pays les plus secs de la planète, et cherche à développer l'énergie atomique afin d'alimenter des usines de dessalement d'eau.

La Jordanie importe 95% de ses besoins en énergie. Elle veut développer des alternatives au gaz égyptien --qui couvre habituellement 80% de ses besoins pour produire de l'électricité-- mais dont l'approvisionnement a été interrompu à plusieurs reprises depuis 2011 en raison d'attaques contre le gazoduc reliant l'Egypte à la Jordanie et Israël.

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