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Koweït: trois ex-députés libérés sous caution, quatre militants relaxés

23/10/2012 08:45 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

Un tribunal koweïtien a libéré sous caution mardi trois anciens députés de l'opposition, jugés pour avoir critiqué l'émir, et relaxé quatre militants arrêtés la semaine dernière après des heurts avec la police, ont indiqué des avocats de la défense.

Les trois ex-députés avaient été arrêtés jeudi pour des propos tenus lors d'un rassemblement le 10 octobre et jugés diffamatoires pour l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah.

Falah al-Sawwagh, Khaled al-Tahus et Bader al-Dahum ont été relâchés en échange d'une caution de 17.850 dollars chacun au terme d'une première audience de leur procès, a indiqué l'avocat Mohammad al-Jumaie sur son compte Twitter.

Ils avaient été accusés de porter atteinte au statut de l'émir pour l'avoir directement averti lors du rassemblement qu'un amendement de la loi électorale pourrait provoquer des manifestations et conduire au chaos.

Mais ils ont nié l'accusation et indiqué s'être exprimés en respect de la loi.

En vertu de la Constitution, il est interdit de critiquer l'émir.

Selon la presse locale, les autorités devraient convoquer plusieurs autres anciens députés pour les interroger sous la même accusation. S'ils sont reconnus coupables, ils risquent de lourdes peines de prison.

Les trois accusés ont été conduits dans la salle d'audience du tribunal menottés, crane rasé, yeux bandés et en tenue rouge foncé des prisonniers.

La prochaine audience a été fixée au 13 novembre.

Par ailleurs, le parquet a ordonné la remise en liberté de quatre militants sous caution de 3.570 dollars chacun, après avoir été interpellés pour violence, résistance à la police et participation à une manifestation illégale.

Lundi, le ministère de l'Intérieur a relâché quelque 70 manifestants, arrêtés dimanche lors des violents heurts avec la police anti-émeutes ayant émaillé une manifestation monstre contre un amendement de la loi électorale, contesté par l'opposition.

Cet amendement a fait l'objet d'un décret de l'émir, publié mardi par le journal officiel koweïtien.

Le décret porte amendement du système électoral en vertu duquel l'électeur koweïtien est désormais astreint à choisir un seul candidat, contre la possibilité de choisir jusqu'à quatre candidats auparavant.

L'opposition soupçonne le gouvernement de vouloir manipuler les résultats du scrutin pour élire un parlement à sa solde et favoriser l'achat des voix des électeurs.

Vendredi, l'émir avait jugé nécessaire l'amendement du système électoral pour sauvegarder l'unité nationale face aux tensions confessionnelles et tribales.

Cet amendement a été décidé malgré une décision rendue en septembre par la Cour constitutionnelle et confirmant que la loi électorale de 2006 était conforme à la Constitution.

La loi de 2006, promulguée après un mouvement de protestations de l'opposition, stipulait un découpage de l'émirat en cinq circonscriptions, chacune élisant 10 des 50 membres du Parlement.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006. La dynastie des Al-Sabah règne sur cet émirat depuis plus de 250 ans.

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