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Les cas d'automutilation sont en forte hausse dans les prisons fédérales

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Le nombre d'incidents graves d'automutilation de détenus dans les prisons fédérales canadiennes a presque triplé au cours des cinq dernières années, et les autochtones étaient impliqués dans presque la moitié des cas, indique un rapport officiel publié mardi.

En 2011-2012, 912 incidents d'automutilation concernant 303 détenus ont été recensés dans les prisons fédérales, précise dans ce rapport le Bureau de l'enquêteur correctionnel du Canada, Howard Sapers, qui assure une surveillance indépendante du Service correctionnel du Canada (SCC).

"La fréquence et la gravité des incidents d'automutilation sont particulièrement troublantes chez les délinquants autochtones", souligne le rapport. En 2011-2012, les détenus autochtones représentaient 45% de tous les incidents d'automutilation. Un peu plus du quart de tous les cas était le fait de femmes, et celles-ci étaient à 72% des Amérindiennes.

Le rapport note que depuis 10 ans, la population carcérale non autochtone a connu "une hausse modeste" de 2,4%, tandis que la population autochtone dans les prisons enregistrait "une hausse considérable de 37,3%".

Les autochtones représentent moins de 4% de la population canadienne, ajoute le rapport, mais ils comptent pour 21,4% des détenus dans les prisons fédérales.

Dans le rapport, M. Sapers fait état de sa préoccupation non seulement quant au nombre d'incidents mais aussi au sujet des interventions du Service correctionnel et de sa capacité à traiter les cas d'automutilation, qu'il considère principalement comme des incidents de sécurité.

La lacération est la forme la plus fréquente d'automutilation dans les établissements carcéraux (42%), note le rapport.

"Le Bureau soutient que l'automutilation est souvent symptomatique d'un problème de santé mentale sous-jacent ou non traité", indique le rapport.

Il déplore également que le Service correctionnel "ne dispose pas des ressources matérielles et humaines adéquates et spécialisées pour répondre aux besoins des détenus qui s'infligent volontairement des blessures graves de façon chronique".

Le Bureau se dit "particulièrement préoccupé" par le fait que près d'un tiers de tous les incidents d'automutilation signalés se soient produits dans des cellules d'isolement sous étroite surveillance.

Il demande également au Service correctionnel "de cesser immédiatement" la pratique dangereuse et "inhumaine" qui consiste à placer en isolement prolongé les détenus atteints de troubles mentaux et qui risquent de se suicider ou de se blesser gravement.

jl/bdx

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