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23/10/2012 09:44 EDT | Actualisé 23/12/2012 05:12 EST

Ashton inquiète pour la stabilité au Liban, la tension persiste à Tripoli

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, a exprimé depuis Beyrouth son inquiétude pour la stabilité du Liban, en pleine crise politique après l'assassinat d'un chef de la Sécurité, bête noire du régime syrien.

Quatre jours après l'attentat, qui a visé le général sunnite Wissam al-Hassan, chef des renseignements de la police libanaise, la tension était encore vive dans les régions à majorité sunnite notamment à Tripoli, la grande ville du nord.

Une femme a été tuée par un tireur embusqué dans cette ville où au moins 11 civils ont péri au total dans des violences qui ont éclaté après l'assassinat, selon un responsable des services de sécurité.

"Cet attentat est une chose terrible, nous sommes inquiets pour la stabilité du Liban", a indiqué Mme Ashton, après avoir rencontré le Premier ministre Najib Mikati, selon propos retransmis par l'Agence nationale d'information (ANI).

L'assassinat fait craindre un embrasement au Liban, déjà divisé entre partisans et adversaires du président syrien Bachar al-Assad dont le pays a exercé une tutelle chez son petit voisin pendant près de 30 ans.

"Certains tentent de détourner l'attention de la situation dans la région en provoquant des problèmes au Liban", a ajouté, en apparente allusion au conflit en Syrie, Mme Ashton.

Des députés de l'opposition ont affirmé avoir reçu des sms de menaces envoyés à partir d'un numéro syrien, avant et après l'assassinat d'u général le 19 octobre.

"La veille de l'attentat, nous avons reçu un sms d'un numéro syrien qui disait 'fils de p..., nous vous aurons un par un", a affirmé à la télévision le député Ammar Houry, membre du groupe parlementaire de Saad Hariri, chef de l'opposition.

Il a précisé que quatre de ses collègues avaient reçu un sms similaire.

"Sur le coup, nous n'y avons pas prêté attention, jusqu'à l'assassinat (le lendemain) du général Wissam al-Hassan", tué dans un attentat à la voiture piégée avec deux autres personnes, a dit M. Houry.

"Après l'assassinat, on a reçu un deuxième sms qui disait 'mabrouk (félicitations en arabe), le compte à rebours a commencé, un de dix éliminé. Il s'est avéré que le numéro à partir duquel ces messages ont été envoyés est un numéro syrien", a-t-il précisé.

Le meurtre du général, l'un des responsables de la Sécurité les plus importants, a provoqué une nouvelle crise dans le pays, l'opposition hostile à la Syrie exigeant la démission du gouvernement dominé par le Hezbollah, un allié de M. Assad, et ses alliés.

Mais la communauté internationale, bien qu'elle soutienne l'opposition, a immédiatement réagi en apportant son soutien au Premier ministre, par crainte d'un vide politique.

"Mme Ashton a transmis au président de la République Michel Sleimane le soutien de l'UE à la souveraineté, l'indépendance et la stabilité du Liban", selon l'agence. Elle a appelé "à éviter le vide politique (...) et exprimé le soutien (de l'UE) aux efforts du président en vue d'un dialogue".

Lundi, les ambassadeurs des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) ont appelé au maintien de "l'action gouvernementale".

Par ailleurs, la voiture piégée qui a coûté la vie au général Hassan a été volée il y a plus d'un an, a révélé le patron de la police dans des déclarations rapportées par la presse mardi.

La voiture piégée a explosé au passage de la voiture du général Wissam al-Hassan dans une ruelle étroite du quartier d'Achrafieh à Beyrouth, où le véhicule ne pouvait pas passer en toute vitesse.

Le général Hassan, bête noire du régime syrien, avait démasqué en août un plan visant à semer le chaos au Liban à travers des attentats sous l'instigation des renseignements syriens.

bur-ram/hj

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