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Tunisie: manifestations de l'opposition à Tunis

22/10/2012 08:22 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Plus de deux mille personnes se sont rassemblées lundi à Tunis pour dénoncer les violences politiques et une dérive autoritaire du pouvoir dominé par les islamistes, quelques jours après la mort d'un opposant, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Le Front populaire, une coalition de gauche, a mobilisé ses partisans à partir de 11H00 GMT dans le centre de Tunis, où ils ont scandé "Le peuple veut la chute du régime" ou encore "emploi, liberté, dignité", qui était le cri de ralliement de la révolution de 2011 qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali.

"Je manifeste contre la violence. Je pense que ce gouvernement (dirigé par les islamiste d'Ennahda, ndlr) est irresponsable et comme toute personne irresponsable il ne peut rester au pouvoir", a déclaré à l'AFP le député à l'ANC, Ahmed Khaskhoussi.

"Ils ne se rendent pas compte de la gravité de la situation", a-t-il ajouté.

Trois autres partis, dont Nidaa Tounès, le mouvement de l'ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi, ont réuni de leur côté sur la même avenue plusieurs centaines de sympathisants pour protester contre les violences politiques.

"La Tunisie passe par une période assez difficile et le recours à la violence ne peut qu'empirer la situation", a jugé Mustapha Kamel Nabli, l'ex-gouverneur de la Banque centrale tunisienne, limogé cet été dans des conditions controversées.

"Le peuple tunisien, les organisations, les partis sont là pour dire non à la violence", a de son côté déclaré le président d'honneur de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, Mokhtar Trifi.

Ces manifestations interviennent quelques jours après la mort dans le sud de la Tunisie d'un représentant de Nidaa Tounès, tués lors de'affrontements avec des manifestants proches des islamistes d'Ennahda.

Elles ont aussi lieu à la veille du premier anniversaire des premières élections libres en Tunisie ayant abouti à la formation de l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Les travaux de celle-ci ont pris un grand retard, ne permettant pas d'achever la rédaction de la Constitution, comme promis, avant le 23 octobre 2012.

Une partie de l'opposition considère dès lors que le gouvernement de coalition regroupant Ennahda et deux partis de centre-gauche perd sa légitimité mardi.

Dans ce contexte tendu, les ministères de l'Intérieur et de la Défense ont indiqué que des renforts ont été déployés pour protéger les bâtiments officiels mais aussi des centres commerciaux en cas de débordements.

"L'armée a été déployée depuis dimanche pour garder les points sensibles comme les centres commerciaux et les banques dans tout le territoire tunisien", a expliqué à l'AFP le colonel Mokhtar Ben Nasr, porte-parole du ministère de la Défense.

L'état d'urgence est en vigueur en Tunisie depuis janvier 2011 et la fuite du président déchu à l'issue d'une révolution.

Le Premier ministre tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, a de son côté déclaré dans un entretien dimanche au quotidien français Le Parisien vouloir "bâtir une démocratie modèle pour le monde arabe", et appelé à l'aide l'Europe et les Etats-Unis pour y parvenir.

"Sinon, l'alternative, c'est le chaos, l'anarchie", a-t-il prévenu.

L'ANC se réunira pour une séance extraordinaire mardi en présence du président Moncef Marzouki et de M. Jebali afin de célébrer le premier anniversaire des élections. Les députés débattront alors du préambule de la future Constitution.

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