MONTRÉAL - Si John Lennon disait dans les années 1960 que les Beatles étaient «plus populaires que Jésus», Les Trois Accords, les «fab four» de la chanson absurde au Québec, affirment souhaiter rien de moins en 2012 que de se retrouver sur le iPod de Dieu.

À la veille de la sortie du quatrième album du groupe, «J'aime ta grand-mère», le parolier Simon Proulx affirmait lundi en entrevue avoir voulu exprimer tout ce que les membres avaient en tête, et ne pas se limiter, et que le résultat était... «magistral», coupe Alexandre Parr, déclenchant les rires de ses comparses.

«On peut lire parfois que des pièces d'artistes figurent par exemple dans le iPod de Brad Pitt. Nous, on aspire à être dans le iPod de Dieu, dans les iPod de gens "hot" comme le dalaï-lama», exprime Charles Dubreuil.

La formation croit être rendue à une étape de leur carrière où ils devront aller «se ressourcer en Inde et se trouver une nouvelle religion».

Alexandre Parr fait remarquer que dans son écriture de «J'aime ta grand-mère», Simon Proulx y est allé avec «les gens de plus en plus vieux». «On ne peut quand même pas parler de ceux qui sont morts», lance-t-il. Simon Proulx intervient pour suggérer qu'il pourrait s'agir de «fantômes, de gens ressuscités, comme dans "Mon fantôme d'amour", avec la poterie».

Il y a huit ans, la pièce «Hawaïenne» et d'autres succès de rock absurde comme «Saskatchewan» sur le premier album «Gros Mammouth Album Turbo», propulsaient les quatre comparses à l'avant-scène.

Charles Dubreuil confie, plus sérieux, n'avoir jamais songé à un tel succès, expliquant surtout que lors de l'enregistrement du premier album, les membres n'entrevoyaient pas comme une possibilité de voir leurs chansons passer à la radio.

Simon Proulx exprime sa joie de pouvoir faire des spectacles devant de plus en plus de monde, et de constater que les «gens semblent suivre le groupe dans leur "trip"». Le chanteur et musicien dit ne pas y avoir rêvé lorsqu'il écrivait «Hawaïenne».

Mais avec une pièce sur ce nouvel album appelée «Je me touche dans le parc», est-ce que Les Trois Accords craignent d'être interdit des ondes radiophoniques?

«Interdit, dans les parcs, peut-être», dit Alexandre Parr en s'esclaffant.

«C'est rare que ça va trop loin. On reste assez propre», estime Simon Proulx.

Alexandre Parr opine du bonnet, disant que les membres sont «assez propres à la base». «C'est l'une de nos plus belles qualités, comme tous les résidants de Drummondville d'ailleurs (leur ville d'origine).»

«Certains disent en entrevue qu'ils sont trop perfectionnistes. Nous, on est tellement propres qu'on rend les autres jaloux», suggère Simon Proulx.

Puis, tous soulignent que chacun des membres a un «nom propre». «C'est de même qu'on s'est connus.»

La complicité entre les quatre membres, Simon Proulx, Alexandre Parr, Charles Dubreuil et Pierre-Luc Boisvert, ne se dément pas.

Et ils se retrouveront souvent ensemble dans les prochains mois, prenant la route dès janvier. La rentrée montréalaise est prévue les 2, 3 et 4 mai, au National.

«C'est important qu'on ait la scène en tête quand on produit un album, parce que sinon... on risque de tomber à côté», avance Charles Dubreuil.

«Il y a certaines pièces que tu imagines facilement en show, d'autres doivent faire leur chemin dans les oreilles des fans avant», ajoute-t-il, disant espérer «toucher des gens qu'on n'a pas encore touchés avec les trois premiers albums, les toucher en famille, toucher leur coeur».