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Prudhomme ne considère plus Armstrong comme vainqueur du Tour de France

22/10/2012 11:44 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

PARIS - Le directeur du Tour de France Christian Prudhomme ne considère plus Lance Armstrong comme le septuple vainqueur de la plus prestigieuse course cycliste au monde.

S'exprimant peu après l'annonce de la décision de l'UCI de valider le rapport de l'Agence américaine antidopage de dépouiller Armstrong de ses sept titres, Prudhomme a salué la décision, réitérant sa volonté qu'il n'y ait pas de nouveaux champions pour les sept Tours que Armstrong avait gagnés.

«C'est sans surprise que nous avons pris connaissance des nouvelles d'aujourd'hui, c'est tout à fait logique. Lance Armstrong n'est plus le vainqueur du Tour de France de 1999 à 2005, a déclaré Prudhomme depuis le quartier général de l'ASO, qui organise la course. Nous souhaitons qu'il n'y ait pas de gagnant pour cette période. Pour nous, les titres doivent rester vierge. Nous souhaitons pour ces années qu'il n'y ai aucun vainqueur.»

Armstrong a également terminé troisième du Tour en 2009 à son retour au cyclisme, mais l'UCI n'a pas encore décidé si ce podium lui serait retiré.

«En toute logique, tout doit disparaître, a déclaré Prudhomme. C'est l'histoire d'un vrai talent qui a perdu sa voie.»

Prudhomme a aussi demandé à ce que les gains offerts, estimée à 2,95 millions d'euros (3,83 millions $ CAN) selon la Fédération française de cyclisme, à Armstrong par l'organisation de la course soient remboursés par le Texan.

«Le règlement de l'UCI est clair: quand un coureur perd son titre, il doit rembourser la prime du vainqueur», a souligné Prudhomme.

Une décision motivée par un rapport de l'USADA transmis le 10 octobre détaillant les pratiques de dopage d'Armstrong de 1998 à 2009 au sein des équipes américaines de l'US Postal et Discovery Channel et décrit comme «le programme de dopage le plus sophistiqué et réussi que le sport ait jamais connu».

«C'est le système qu'il faut particulièrement condamner, a dit Prudhomme. Nous sommes dans un système mafieux qui va au-delà du dopage et du sport. C'est une crise mondiale. L'aura d'Armstrong touche le monde entier.

«Il faut bien se dire que ce n'est pas le coureur seul (qui est impliqué), il faut regarder l'entourage et punir aussi l'entourage. Il faut que les condamnations aillent au-delà des condamnations pour le champion», a-t-il ajouté.

Prudhomme reste plutôt évasif sur la question du retour d'Armstrong en 2009 alors que le quotidien l'Équipe, qui appartient au groupe Amaury Sport Organisation, également propriétaire du Tour de France, révélait déjà le contrôle positif à l'EPO du coureur américain sur le Tour 1999.

«À ce moment-là, nous disions qu'Armstrong pouvait revenir s'il se soumettait au même règle que n'importe quel coureur», a expliqué Prudhomme, citant l'amélioration des contrôles antidopages sur le Texan lors de son retour.

Enfin, Prudhomme voit dans la ratification de la décision de l'USADA par l'UCI une étape importante pour le cyclisme et la lutte antidopage.

«C'est dans la difficulté que les choses se construisent. Aujourd'hui, le cyclisme a déjà changé par rapport au passé mais l'UCI doit tirer des leçons de l'affaire Armstrong et comprendre comment nous en somme arrivés là», a-t-il conclu.

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