NOUVELLES

Maroc: HRW demande à Rabat de rétablir l'accréditation d'un journaliste AFP

22/10/2012 07:00 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Human Rights Watch (HRW) a réclamé lundi le rétablissement de l'accréditation d'un journaliste de l'AFP, Omar Brouksy, et demandé aux autorités du Maroc de "cesser leurs représailles" et de "cesser de contrôler la façon dont les journalistes couvrent des sujets sensibles".

Le gouvernement marocain a décidé, le 4 octobre, de retirer l'accréditation de M. Brouksy, mettant en cause sa couverture ce même jour de législatives partielles. Cette décision a été prise en représailles à un reportage comportant une phrase qui faisait mention de la participation de candidats "proches du palais royal" à Tanger (nord).

"Les autorités marocaines devraient rétablir l'accréditation du journaliste de l'Agence France-Presse (AFP) Omar Brouksy, et cesser leurs représailles contre des médias étrangers", affirme dans un communiqué HRW, organisation basée à New York.

"Même si le journaliste avait réellement mis en doute la neutralité du palais dans ces élections, cela ne pourrait pas justifier une sanction du gouvernement, et encore moins une sanction aussi lourde", affirme la directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (Mena), Sarah Leah Whitson.

La direction de l'AFP a demandé officiellement aux autorités marocaines de bien vouloir revenir sur leur décision.

Dans son texte, HRW rappelle par ailleurs que le bureau de la chaîne Al-Jazira au Maroc a été fermé il y a bientôt deux ans, "en réponse à sa façon de couvrir les événements sur le territoire contesté du Sahara occidental".

"Dans un pays où les deux langues les plus utilisées sont l'arabe et le français, la chaîne Al-Jazira et l'AFP sont suivies de près", relève-t-elle.

"Un pays qui respecte la liberté d'expression ne devrait pas confisquer de carte de presse parce que la monarchie a été mentionnée dans le +mauvais+ contexte, ni fermer certains bureaux de médias d'information parce qu'il n'apprécie pas leur couverture", fait valoir Sarah Leah Whitson.

"Al-Jazira étant désormais autorisée à faire des reportages depuis la Tunisie et la Libye suite aux révolutions (...), le Maroc se retrouve dans le club réduit de gouvernements qui interdisent cette chaîne", signale-t-elle.

"Le Maroc devrait plutôt sortir de ce club et cesser de contrôler la façon dont les journalistes couvrent des sujets sensibles", conclut-elle.

gk/sw

PLUS:afp