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Maroc: des détenus européens annoncent une grève de la faim, démenti officiel

22/10/2012 11:08 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Plusieurs dizaines de détenus européens au Maroc, dont des binationaux, ont annoncé avoir débuté lundi une grève de la faim de trois jours pour attirer l'attention sur leurs conditions de détention et "le manque de soutien" de leurs "pays d'origine", selon eux.

Contactée par l'AFP, l'administration pénitentiaire du royaume a toutefois démenti "catégoriquement" qu'une grève de la faim soit observée par ces détenus "de droit commun", jugeant "fallacieuses" les accusations de mauvais traitement. "Les conditions de leur détention sont normales", a affirmé la délégation générale de l'Administration pénitentiaire, qui chapeaute les prisons du royaume.

Dans un communiqué, des détenus "de différentes prisons du Maroc" (Salé, Casablanca, Tanger...) affirment vouloir entamer lundi une grève de la faim, dans le but de "faire valoir leurs droits" et "attirer l'attention sur le calvaire" qu'ils disent endurer, évoquant des cas de "maltraitances physiques".

"La plupart d'entre nous n'a pas eu le droit à un procès équitable", est-il écrit. Parmi les revendications figurent "le droit à la défense, ce qui implique la visite d'un avocat étranger", ou "l'accélération des transfèrements dans les pays d'origine".

Joint par téléphone, un de ces détenus a affirmé à l'AFP que leur grève de la faim avait été signifiée "ce matin (lundi) aux chefs de quartiers des différentes prisons". "Nous sommes une quarantaine, mais il est difficile de nous coordonner", a indiqué ce prisonnier qui a requis l'anonymat.

Il a expliqué que cette démarche visait en particulier "à alerter les pays européens" qui ne leur viennent "pas assez en aide".

Ces détenus ont, dans la plupart des cas, été arrêtés pour trafic de stupéfiants, selon des sources concordantes.

Le prisonnier contacté a assuré qu'il ne s'agissait pas uniquement de binationaux. Dans le cas de binationaux, seule la nationalité marocaine est reconnue sur le territoire marocain.

Dans un communiqué distinct, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture et des exécutions capitales (Acat), une action oecuménique de défense des droits de l'Homme, reprend le texte des prisonniers, dont elle dit soutenir l'initiative. Elle communique les coordonnées de deux d'entre eux.

Le groupe de détenus grévistes de la faim compte des "Français, Belges ou encore des Espagnols", et "plusieurs ont la double nationalité", avance l'Acat.

gk-mc/cco

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