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L'UCI bannit Armstrong à vie et lui retire ses sept Tours de France

22/10/2012 07:22 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

GENÈVE - Lance Armstrong a été dépouillé de ses sept titres au Tour de France et banni à vie par l'Union cycliste internationale (UCI), qui a ainsi validé le rapport de l'Agence américaine antidopage (USADA) qui a accusé le coureur d'avoir été à la tête d'un vaste programme de dopage au sein de ses équipes.

«Il n'y aura pas d'appel auprès du TAS, a indiqué Pat McQuaid, le président de l'UCI, lors d'une conférence de presse à Genève. Lance Armstrong n'a aucune place dans le cyclisme mondiale, il est banni à vie, il doit être oublié.»

Souvent critiquée pour une complaisance supposée dans ce dossier, l'UCI pouvait soit valider la décision de l'USADA, soit faire appel au Tribunal arbitral du sport (TAS).

En s'appuyant sur le témoignage de 26 personnes, dont 11 anciens coéquipiers d'Armstrong — Frankie Abreu, Michael Barry, Tom Danielson, Tyler Hamilton, George Hincapie, Floyd Landis, Levi Leipheimer, Stephen Swart, Christian Vande Velde, Jonathan Vaughters et David Zabriskie —, le rapport de l'USADA détaillait les pratiques interdites d'Armstrong de 1998 à 2009 et décrivait «le programme de dopage le plus sophistiqué et réussi que le sport ait jamais connu.»

Les détails abondent sur la loi du silence imposée par le Texan pour cacher le recours au dopage sanguin ainsi que la prise d'érythropoïétine (EPO), de testostérone, de cortisone et d'hormones de croissance.

Qualifiant ce programme de «conspiration du dopage organisée en équipe», le rapport mentionne aussi des paiements, courriels, données scientifiques et résultats de tests en laboratoire qui prouveraient «l'utilisation, la détention et la distribution de produits dopants par Armstrong».

«J'ai été malade en lisant ce rapport, a assuré McQuaid, notamment marqué par le témoignage de David Zabriskie. L'histoire qu'il raconte sur la manière dont il a été contraint de se doper est tout simplement ahurissante.»

L'USADA a dévoilé que le test des urines d'Armstrong lors du Tour 1999 avait révélé des traces d'EPO dans six échantillons. Selon plusieurs témoignages dans le rapport, le coureur américain a aussi été testé positif en 2001 lors du Tour du Suisse avant de payer l'UCI pour faire disparaitre le test, ce que conteste l'UCI par le biais de son ancien président Hein Verbruggen et son actuel McQuaid.

Le président de l'UCI a également affirmé qu'il ne «démissionnera pas» de son poste.

«L'UCI n'a rien à cacher concernant le rapport de l'USADA. Rien dans le rapport de l'USADA n'implique Hein Verbruggen (ancien président de l'UCI) (...) Si je dois m'excuser de la part de l'UCI, je le fais, pour n'avoir pas pu détecter tous les coureurs dopés.»

L'UCI doit encore statuer sur l'éventuelle réattribution des titres désormais vacants à d'autres coureurs.

Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, avait précisé la semaine dernière qu'il attendait la décision de l'UCI avant d'effacer Armstrong du palmarès de la course entre 1999 et 2005. Prudhomme avait également noté que le Grande Boucle n'aurait pas de vainqueurs pour les sept Tour gagnés consécutivement par le coureur américain durant cette période si l'UCI abondait dans le sens de l'USADA.

Dans le prolongement de la décision de l'UCI, le Comité olympique international devra se pencher sur la médaille de bronze remportée par le coureur américain lors du contre-la-montre des Jeux de Sydney en 2000.

Autre point, Armstrong risque d'être obligé de rembourser l'ensemble des primes touchées à la suite de ses victoires sur le circuit professionnel.

Vendredi, Armstrong avait admis avoir vécu des «semaines éprouvantes» depuis la publication par l'USADA d'un rapport de plus de 1000 pages le dépeignant comme un tricheur.

Armstrong avait vu ses commanditaires l'abandonner la semaine dernière à la suite de la publication de rapport. Nike, qui jusque-là continuait de soutenir le cycliste, a le premier annoncé sa décision de se désolidariser de l'athlète, «à cause des éléments prouvant de manière insurmontable que Lance Armstrong s'est dopé et a trompé Nike pendant plus d'une décennie.»

Décision après décision, «l'un des chapitres les plus sordides de l'histoire du sport», selon les termes de l'USADA, se rapproche de son épilogue.

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