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Liban: l'armée lance une opération pour reprendre le contrôle du pays

22/10/2012 05:18 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

BEYROUTH - L'armée libanaise a lancé une grande opération de sécurité lundi pour rouvrir les routes et chasser les hommes armés des rues du pays.

Des affrontements sectaires ont fait au moins cinq victimes. Une sixième personne a été tuée quand des soldats ont ouvert le feu après avoir essuyé des tirs.

Le gouvernement libanais tente de contenir l'explosion de violence déclenchée par l'assassinat du général sunnite Wissam al-Hassan, chef du renseignement policier libanais et opposant influent au gouvernement syrien, pour empêcher le pays de basculer à nouveau dans la guerre civile à la suite de son voisin syrien.

Des tirs sporadiques d'armes à feu résonnaient dans Beyrouth au moment où les soldats sont arrivés sur les principaux axes de circulation. Les militaires étaient protégés dans des véhicules blindés équipés de canons pour tenter de reprendre les rues dévastées de la capitale aux mains des sunnites armés. Un homme a été tué dans le secteur de Wadi Zayneh, au sud de Beyrouth, et un autre dans le quartier de Qusqus.

Les soldats avaient par exemple mis en place des points de contrôle dans le quartier sunnite de Tarik el-Jdideh, arrêtant les voitures et demandant aux personnes leur destination et leur provenance. À plusieurs reprises, des échanges de tirs se sont produits entre les troupes et les émeutiers sunnites.

À Tripoli, les habitants ont également déclaré que des dizaines de soldats avaient été déployés dans les rues dans l'espoir de ramener le calme après les violences de ce week-end. L'armée libanaise a mis en place des points de contrôle, fouillant les voitures et vérifiant les identités.

Des violences ont éclaté dans au moins deux quartiers de la ville. Quatre personnes ont été tuées dans le quartier de Bab Tabbaneh, où la population appuie les rebelles syriens, et dans le quartier alaouite voisin de Jabal Mohsen, qui se range derrière le régime Assad.

Dimanche, un homme a été tué au nord de Saïda et une autre personne est morte dans des combats à Tripoli, ont déclaré des responsables s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. Au moins six personnes ont été blessées à Beyrouth et dix à Tripoli. Un journaliste de l'agence Associated Press a vu des dizaines d'hommes armés sillonner les rues du quartier majoritairement sunnite de Tarik Jdideh lundi à Beyrouth.

Une habitante du quartier ayant requis l'anonymat a rapporté que les échanges de coups de feu ont commencé peu après minuit et ont duré jusqu'au lever du soleil. «On ne pouvait pas dormir à cause des coups de feu. Il y a avait aussi des explosions», a-t-elle dit, se référant aux lance-grenades.

Le premier ministre sunnite Najib Mikati a déclaré dans le quotidien «As-Safir» qu'il avait pris ses fonctions avec l'intention de protéger tous les Libanais, et particulièrement les sunnites. «J'étais convaincu qu'à travers ma mission, je protégerais mon pays, mon peuple, et particulièrement les membres de ma confession».

De nombreux sunnites libanais soutiennent les opposants syriens au régime de Bachar el-Assad, tandis que les chiites ont plutôt tendance à soutenir le président syrien, de confession alaouite, une branche du chiisme.

La crainte de voir le conflit en Syrie se propager au Liban est grande, et la mort du chef du renseignement a remis en question le fragile équilibre politique du pays. Plusieurs hommes politique ont accusé la Syrie d'être à l'origine de l'assassinat du général al-Hassan et les manifestants s'en sont pris au siège du gouvernement dimanche, avant d'être repoussés par l'armée.

Les ambassadeurs de Chine, Grande-Bretagne, États-Unis, France, Russie et le coordonateur spécial de l'ONU au Liban Derek Plumby ont rencontré le président Michel Sleimane pour lui exprimer leur soutien. «Les membres permanents des Nations unies appellent toutes les parties en présence au Liban à préserver la stabilité» du pays, a déclaré Derek Plumby en arabe, entouré des cinq ambassadeurs. «Nous condamnons fortement toute tentative pour déstabiliser le Liban».

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