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Israël critique la visite "bizarre" de l'émir du Qatar à Gaza

22/10/2012 05:41 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Israël a critiqué lundi la visite de l'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani, dans la bande de Gaza, territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, en la qualifiant de "bizarre".

"On ose espérer que l'émir va encourager les Palestiniens qui ne prônent pas la violence", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Yigal Palmor à la veille de la visite de l'émir du Qatar à Gaza.

"En attendant, nous trouvons bizarre que l'émir ne soutienne pas les Palestiniens dans leur ensemble, mais qu'il prenne parti pour le Hamas contre l'Autorité palestinienne, à qui il n'a jamais rendu visite" en Cisjordanie, a relevé M. Palmor.

"L'émir a ainsi choisi son camp et ce n'est pas bon", a-t-il ajouté.

Le Qatar a oeuvré en faveur de la réconciliation nationale palestinienne en parrainant en février une rencontre à Doha entre le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, qui a quitté Damas pour s'installer dans la capitale de l'émirat. Mais la réconciliation est jusqu'à présent restée lettre morte.

M. Palmor a par ailleurs souligné qu'Israël n'a pas l'intention d'intervenir dans l'organisation de la visite de l'émir à Gaza car ce dernier va transiter par la frontière entre l'Egypte et le territoire palestinien à Rafah, frontière "entièrement sous la souveraineté égyptienne".

Cheikh Hamad doit effectuer mardi la première visite d'un chef d'Etat étranger depuis que le Hamas a pris le contrôle de l'enclave palestinienne en 2007. Il s'agit également d'une visite sans précédent pour un chef d'Etat arabe dans la bande de Gaza depuis son occupation par Israël en 1967.

L'émir est un des plus importants dirigeants internationaux à se rendre à Gaza depuis que le Hamas est devenu maître du territoire, au détriment du mouvement Fatah du président Mahmoud Abbas, chef de l'Autorité palestinienne.

Le Qatar a spectaculairement renforcé sa présence dans la bande de Gaza depuis près d'un an.

Il a annoncé le 25 septembre le lancement prochain d'un investissement de 254 millions de dollars (195 millions d'euros) dans le territoire, notamment dans des projets routiers et de développement agricole.

jlr/agr/sw

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