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L'enquête québécoise sur la santé des jeunes donne des résultats inquiétants

22/10/2012 12:09 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST
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MONTRÉAL - La santé des jeunes Québécois a de quoi inquiéter si l'on se fie aux données rendues publiques lundi par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 montre en effet des problématiques importantes en ce qui a trait au surplus de poids, à la consommation d'alcool et de drogue et au tabagisme.

Les nouvelles ne sont pas que mauvaises, toutefois, puisque l'incidence de surplus de poids semble s'être stabilisée après des années d'augmentation et la consommation de drogue et de tabac semble être en baisse alors que l'usage d'alcool demeure relativement constant. Ces tendances ne peuvent toutefois être quantifiées avec précision puisque l'enquête est la première du genre et les données comparatives dans le passé n'ont pas été recueillies avec la même méthodologie.

Quoiqu'il en soit, l'enquête démontre qu'un jeune sur cinq (21 pour cent) présente un surplus de poids. Cette proportion semble se stabiliser, après des années d'augmentation constante.

Toutefois, la moitié des élèves (49 pour cent) sont insatisfaits de leur apparence corporelle, une insatisfaction qui est particulièrement problématique chez les jeunes filles, signale Linda Cazale, agente de recherche à l'ISQ.

«Chez les filles dont le poids est insuffisant, il y en a quand même 63,7 pour cent qui sont satisfaites de leur poids, de leur silhouette. On parle de filles qui ont un poids insuffisant selon les critères d'indice de masse corporelle et les deux tiers sont satisfaites de cela.»

De plus, ajoute-t-elle, 11 pour cent des filles trop maigres souhaiteraient l'être encore plus. Quant aux filles de poids normal, 40 pour cent d'entre elles souhaiteraient aussi être plus minces.

À l'opposé, chez les garçons, la majorité (57 pour cent) de ceux qui ont un poids insuffisant voudraient prendre du poids et même un peu plus du quart (28 pour cent) de ceux qui ont un poids normal voudraient ajouter davantage de poids, sous forme de muscles, à leur charpente.

La consommation d'alcool demeure problématique chez les jeunes, alors que trois élèves sur cinq en moyenne (60 pour cent) disent en avoir consommé au cours des 12 derniers mois. Cependant, cette proportion, qui est de 28 pour cent chez les élèves de première secondaire, atteint 86 pour cent au cinquième secondaire.

Ces données exigent toutefois des nuances: les chiffres de «consommateurs» d'alcool ne comprennent pas que des usagers réguliers mais incluent aussi des proportions importantes de ceux que l'étude qualifie d'expérimentateurs et d'occasionnels, qui n'ont que très peu consommé.

Quant à la drogue, un élève sur quatre admet en avoir consommé au cours des 12 derniers mois, le cannabis demeurant de loin la drogue de prédilection. Les proportions passent de cinq pour cent en première secondaire à 44 pour cent en cinquième secondaire. Là aussi, il faut préciser que ces données comprennent des proportions significatives de jeunes qui n'ont consommé qu'une seule fois au cours des 12 derniers mois et qui ont consommé de deux à quatre fois seulement.

En ce qui a trait au tabagisme, un jeune sur 10 déclare fumer la cigarette mais il s'agit d'une moyenne. La proportion est de 3,5 pour cent chez les élèves de secondaire 1 et augmente progressivement avec l'âge pour atteindre 16 pour cent chez ceux de secondaire 5, ce qui demeure tout de même bien en-deçà de la proportion de 23 pour cent de la population en général.

Ces données sur la consommation de substances qui sont toutes illégales pour des mineurs peuvent laisser perplexes, reconnaît le chercheur Patrick Laprise, de l'ISQ: «C'est étonnant parce que ce sont quand même des comportements qu'ils ne sont pas censés adopter.» Mais il s'empresse d'ajouter que le phénomène est connu et documenté depuis longtemps.

Plus encore, note-t-il, les résultats sont presque encourageants: «On a très bien vu, avec les autres enquêtes du même genre ces dernières années, une baisse du taux de consommation de la cigarette. L'alcool, ç'a baissé un peu mais c'est resté plus stable et les drogues ont beaucoup diminué.»

L'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 a été menée auprès 63 200 jeunes dans 470 écoles secondaires publiques et privées du Québec entre novembre 2010 et mai 2011.