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Echanges de tirs à Beyrouth, Hariri veut renverser le gouvernement

22/10/2012 06:58 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Des échanges de tirs ont opposé lundi dans un quartier sunnite de Beyrouth des militaires et des hommes armés, faisant craindre un embrasement du Liban dont le chef de l'opposition Saad Hariri a affiché sa détermination à renverser le gouvernement de son rival Najib Mikati.

Dans un communiqué, l'armée s'est déclarée "déterminée à rétablir la sécurité et préserver la paix civile" au Liban.

Craignant un embrasement, les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont appelé à "l'unité nationale".

Les soldats ont essuyé des tirs dans la matinée de la part d'hommes armés lorsqu'ils ont voulu réouvrir la route menant à Tariq al-Jdidé, un bastion des partisans de l'ancien Premier ministre sunnite Saad Hariri, et l'armée a riposté, a constaté un journaliste de l'AFP, qui a vu une cinquantaine d'hommes en arme. Selon l'un d'eux, un habitant du quartier a été tué.

"L'armée prendra des mesures fermes surtout dans les régions où il y a des affrontements confessionnels, pour empêcher que le Liban ne se transforme de nouveau en un champ de bataille pour régler les différends régionaux", a-t-elle averti.

Le Liban est un pays multiconfessionnel où chrétiens, sunnites et chiites représentent chacun un tiers de la population. Si la majorité des sunnites est hostile au régime syrien de Bachar al-Assad, à l'inverse la majorité des chiites le soutient. La communauté chrétienne est divisée.

Par ailleurs, l'armée a demandé aux dirigeants politiques libanais "d'être circonspects dans l'expression de leurs positions et de leurs idées (...) car le destin du pays est en jeu".

Dimanche, les funérailles d'un chef de la Sécurité libanaise, un sunnite proche de Saad Hariri et bête noire de Damas, avaient dégénéré en manifestation violente contre le Premier ministre Mikati après qu'un dirigeant du courant de Hariri a chauffé à blanc les manifestants en l'accusant de couvrir ce "crime".

Lundi dans la matinée, sur l'avenue Qasqas, au rond point Cola et sur la corniche Mazraa, proche de Tariq al-Jdidé, des hommes armés de kalachnikovs et portant des cagoules noires, empêchaient les voitures de passer en obstruant la chaussée avec des ordures, des pierres et des morceaux de fer.

"Rien ne sera plus comme avant. Nous allons nous réunir avec Ahmad Hariri (responsable du Courant du futur de Saad Hariri) pour lui dire que nous n'accepterons plus de rester marginalisés", a dit l'un d'entre eux.

Même si le chef du gouvernement Mikati et plusieurs ministres sont sunnites, l'actuel cabinet est dominé par des alliés du Hezbollah chiite, mouvement puissamment armé, proche de Damas et de Téhéran.

Dans la nuit, l'armée avait traqué des hommes armés, à Tariq al-Jdidé, dans l'ouest de Beyrouth où des rafales d'armes automatiques et le bruit sourd des roquettes anti-char ont été entendus, selon une source de sécurité. De sources officielle, six personnes ont été blessées, dont un Syrien et un Palestinien.

Par ailleurs à Tripoli dans le nord du pays, une femme alaouite et trois jeunes sunnites ont été tués lundi et huit autres personnes blessées, dont une fillette de 4 ans, dans de nouveaux affrontements entre le quartier pauvre de Jabal Mohsen, majoritairement alaouite, confession du clan Assad, et celui de Bab al-Tabbaneh, surtout sunnite, selon une source des services de sécurité.

La veille, les échanges de tirs avaient fait 3 morts, dont une fillette de 9 ans, et 26 blessés.

Dimanche soir, Saad Hariri avait affiché sa détermination "à renverser le gouvernement de manière pacifique et démocratique", critiquant le soutien des pays occidentaux à M. Mikati.

"Nous ne sommes pas obligés de suivre les conseils de certains qui pensent que c'est l'intérêt du Liban (de maintenir en place le gouvernement actuel). L'intérêt du Liban est la chute du gouvernement", a-t-il souligné.

Inquiets de voir le pays sombrer dans la violence, les ambassadeurs au Liban des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, et Derek Plumby, coordinateur spécial de l'ONU au Liban, ont affiché leur attachement à la stabilité du pays.

Dans un communiqué lu après une rencontre avec le président Michel Sleimane, ils ont appelé "toutes les parties au Liban à préserver l'unité nationale".

"C'est vital que les institutions et l'action gouvernementale se maintiennent afin d'assurer la stabilité, la sécurité et la justice au Liban", ont-ils souligné.

Pour Ghassan al-Azzi, professeur de Sciences politiques à l'Université Libanaise, "Saad Hariri et ses partisans concentrent leurs attaques sur Najib Mikati car c'est un rival politique pour le poste de Premier ministre, et évitent de s'en prendre frontalement au Hezbollah, car cela se transformerait directement en affrontements entre sunnites et chiites".

"S'en prendre directement au Hezbollah signifie sans ambage être clairement en faveur de la guerre civile", a-t-il averti.

sk/cnp

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