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22/10/2012 05:06 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Dernier débat pour Obama et Romney, au coude à coude dans les sondages

Barack Obama et Mitt Romney s'affrontaient lundi soir en Floride (sud-est) pour leur dernier débat télévisé, consacré à la politique étrangère, chacun ayant l'espoir de faire bouger les sondages qui les donnent au coude à coude à 15 jours de l'élection.

Le président américain et le républicain qui aspire à le vaincre le 6 novembre étaient tous deux sur le campus de l'université Lynn de Boca Raton à 75 km au nord de Miami, une demi-heure avant de se retrouver pour 90 minutes d'affrontement à partir de 21H00 (mardi 01H00 GMT).

La plupart des enquêtes nationales donnent les deux hommes à égalité ou dans la marge d'erreur, même si le dirigeant démocrate sortant conserve une avance dans plusieurs Etats dont l'Ohio (nord), où M. Romney doit triompher s'il veut espérer s'installer à la Maison Blanche.

L'écart s'est toutefois resserré entre les deux hommes ces derniers jours, augurant d'une lutte acharnée et rendant d'autant plus crucial le débat de lundi. La prestation ratée du président lors du premier affrontement avait donné le signal d'une glissade dans les intentions de vote.

Le débat sera animé par Bob Schieffer, vétéran de CBS.

Au menu, six segments de 15 minutes: le rôle des Etats-Unis dans le monde; la guerre d'Afghanistan et le Pakistan; les "lignes rouges - Iran, Israël"; deux parties pour les changements au Moyen-Orient et le "nouveau visage du terrorisme"; et la Chine.

La politique étrangère, contrairement à l'économie, n'est pas considérée comme un facteur décisif dans le choix des électeurs américains, sauf situation grave, comme l'avait appris à ses dépens Jimmy Carter en 1980, lors de la longue crise des otages en Iran. George W. Bush, en 2004, avait au contraire profité de l'effet de rassemblement en période de guerre en Irak.

"Tout le monde reconnaît que l'emploi et l'économie, d'autant plus après quatre années de reprise anémique, sont l'enjeu numéro un de l'élection", a déclaré à l'AFP Alex Wong, conseiller de politique étrangère de M. Romney.

M. Obama devrait faire valoir qu'il a tenu des promesses emblématiques comme le retrait d'Irak et la transition en Afghanistan, et a engrangé des succès contre Al-Qaïda.

La mort d'Oussama ben Laden en mai 2011 et l'intensification des attaques de drones contre des suspects d'appartenance à la nébuleuse extrémiste ont en grande partie tué dans l'oeuf les reproches traditionnels que les républicains font aux démocrates: leur prétendue passivité en matière de sécurité.

Mais M. Romney met en cause la stratégie du président dans le dossier du nucléaire iranien. Le New York Times a affirmé que l'Iran était d'accord pour des négociations directes avec les Etats-Unis, mais Washington et Téhéran l'ont démenti.

Le républicain tente surtout de mettre en difficulté le président sur la gestion de l'attaque du 11 septembre dernier à Benghazi (Libye) qui a coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur.

Lundi, le candidat malheureux à la présidentielle de 2008, John McCain, a aussi accusé M. Obama d'inaction dans le dossier syrien. "Et comme beaucoup d'entre nous l'avaient prédit, ça commence à déborder (...) et nous sommes sur le petit bord d'une grave crise" au Moyen-Orient, a-t-il prédit.

De son côté, le sénateur démocrate John Kerry, vaincu par George W. Bush en 2004, a estimé que lundi était "le soir du jugement" pour M. Romney, dont il a dénoncé le manque de clarté sur les questions internationales. "Ce n'est pas le moment d'avoir une main tremblante, sans expérience ni précision à la barre de la politique étrangère américaine", a-t-il prévenu.

Les candidats reprendront mardi matin leur campagne. Le président a notamment prévu de se rendre dans six Etats entre mardi et jeudi, de la Floride à l'Ohio en passant par le Colorado, le Nevada, la Virginie et l'Illinois où il votera en avance jeudi.

Mitt Romney se rend dans le Nevada et le Colorado mardi, et l'Iowa mercredi.

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