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Barrages et hommes armés dans des quartiers sunnites de Beyrouth

22/10/2012 03:29 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

Des hommes armés et cagoulés, se réclamant de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, étaient présents lundi matin dans des quartiers sunnites de Beyrouth où ils ont fermé des rues, a constaté un photographe de l'AFP.

Sur l'avenue Qasqas, au rond point Cola et sur la corniche Mazraa, proche du quartier de Tariq al-Jdidé, bastion du Courant du futur de Saad Hariri, des hommes armés de kalachnikovs empêchaient les voitures de passer en obstruant la chaussée avec des ordures, des pierres et des morceaux de fer.

"Rien ne sera plus comme avant. Nous allons nous réunir avec Ahmad Hariri (responsable du Courant du futur) pour lui dire que nous n'accepterons plus de rester marginalisés", a dit l'un d'entre eux.

Même si le Premier ministre Najib Mikati est sunnite ainsi que plusieurs ministres, la majorité de cette communauté soutient Saad Hariri et considère que l'actuel gouvernement est contrôlé par ses adversaires les plus honnis, le puissant parti chiite Hezbollah, allié de Damas et d'Iran.

Dimanche, Saad Hariri avait appelé "tous ses partisans à se retirer des rues car nous voulons renverser le gouvernement de manière pacifique et démocratique".

Dans la nuit, l'armée avait mené une opération, à la poursuite d'hommes armés, à Tariq al-Jdidé, dans l'ouest de Beyrouth où des rafales d'armes automatiques et le bruit sourd des roquettes anti-char ont été entendus, selon une source de sécurité. Les affrontements ont fait six blessés, dont un Syrien et un Palestinien, a-t-on indiqué de source officielle.

Les obsèques dimanche à Beyrouth d'un chef de la Sécurité libanaise, bête noire de Damas, ont tourné en une manifestation violente contre le Premier ministre Najib Mikati accusé par ses opposants de couvrir ce "crime", la police tirant en l'air et usant de gaz lacrymogènes.

Par ailleurs à Tripoli, autre bastion sunnite dans le nord du pays, une femme a été tuée et une fillette de 4 ans blessée lundi matin dans les affrontements récurrents entre les quartiers pauvres de Jabal Mohsen, où vivent des alaouites, confession à laquelle appartient le chef de l'Etat syrien Bachar al-Assad, et Bab al-Tababaneh, où habitent des sunnites

La veille, les échanges de tirs avaient fait 3 morts, dont une fillette de 9 ans, et 26 blessés, selon une source des services de sécurité.

En outre, l'armée s'était déployée dans le reste de la ville pour empêcher des hommes armés de circuler dans les rues.

rd/sk/sw

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