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Affaire Armstrong: l'Usada réclame une Commission indépendante sur le dopage

22/10/2012 09:53 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

L'Agence antidopage américaine (Usada), tout en se félicitant lundi de la décision de l'Union cycliste internationale (UCI) de retirer à Lance Armstrong ses sept Tours de France, a réclamé la création d'une Commission indépendante sur le dopage.

"Il est important de se souvenir que si aujourd'hui est un jour historique pour le sport propre, cela ne garantit pas que le sport sera propre à l'avenir. Seule une Commission vérité et réconciliation indépendante pourrait guider le cyclisme vers de réelles réformes et faire naître l'espoir d'un vrai changement par rapport au passé", a indiqué l'Usada dans un communiqué.

"Aujourd'hui, l'UCI a pris la bonne décision concernant le cas Lance Armstrong. (...) l'Usada est heureuse que l'UCI ait finalement modifié son approche dans ce dossier et pris une décision crédible", insiste l'Agence, qui n'avait pas épargné l'UCI dans son rapport publié en août.

Pour l'Usada, l'UCI aurait même aidé Armstrong à camoufler un contrôle positif à l'EPO en 2001.

C'est l'enquête conduite par l'Usada qui a conduit l'UCI à bannir Armstrong du palmarès du Tour de France, une épreuve qu'il avait remportée sept fois, de 1999 à 2005.

AMA "intéressée" par amnistie

"Beaucoup d'autres détails concernant le dopage sont encore cachés, il reste beaucoup de docteurs et de directeurs d'équipes corrompus et l'omerta n'est pas encore complètement rompue", souligne ainsi l'Usada.

Lance Armstrong, 41 ans, après avoir tenté d'enrayer l'enquête de l'Usada devant les tribunaux civils cet été, en clamant son droit à un procès équitable, avait définitivement jeté l'éponge le 23 août.

L'ex-héros, sorti vainqueur d'un cancer des testicules, n'est plus qu'un mythe en miettes, dont le palmarès se résume pour l'essentiel désormais à un titre de champion du monde en 1993, un titre de champion des Etats-Unis la même année, et deux victoires dans des classiques.

Les Commissions "Truth and reconciliation" ont vu le le jour dans de nombreux pays et dans des contextes très éloignés du sport comme en Afrique du Sud, au Pérou ou encore au Guatemala, à des fins de réconciliation nationale.

Dans le cas de l'Afrique du Sud, si les crimes étaient politiques, les bourreaux pouvaient en échange d'aveux complets et d'excuses publiques obtenir une amnistie. Plus de 7000 d'entre eux ont demandé pardon, mais seulement 850 l'ont obtenu.

Vendredi, le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) John Fahey s'est lui-même déclaré "intéressé" par une réflexion sur une amnistie générale pour les sportifs coupables de dopage.

"Le conseil d'administration (de l'AMA) serait très intéressé par une réflexion sur cette suggestion. Mais ce n'est pas au cyclisme de décider d'une amnistie, ce serait à l'AMA de le faire", a-t-il expliqué à la radio Australian Broadcasting Corporation.

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