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Affaire Armstrong - Johan Bruyneel, complice et ami d'Armstrong

22/10/2012 07:24 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

Complice et ami de Lance Armstrong, Johan Bruyneel a tenu un rôle essentiel, selon l'agence antidopage américaine (Usada), dans le système organisé autour du septuple vainqueur du Tour, pour lequel il risque une lourde sanction.

L'affaire a d'ores et déjà coûté son poste de manager d'équipe (RadioShack) au Belge de 48 ans. En attendant la décision de la chambre d'arbitrage américaine chargée de décider de son cas, celui de l'arrogant responsable de l'US Postal puis Discovery Channel, les deux équipes avec lesquelles Armstrong a gagné sur le terrain ses sept Tours de France (1999 à 2005).

"Seule la victoire compte", la traduction en néerlandais de son autobiographie parue en 2008, résume bien l'état d'esprit de Bruyneel qui, en homme de réseaux, a cherché ensuite à réussir dans le "business" sans abandonner pour autant son sport d'origine.

Avant de devenir l'un des acteurs les plus influents du cyclisme, "le grand manitour" selon le titre d'un portrait paru dans l'Equipe Magazine, a accompli une carrière de coureur significative. Débutant en 1989 dans la modeste équipe wallonne SEFB, le Flamand polyglotte, fils d'un horloger-bijoutier, a atteint son sommet durant les années 1990 au sein de la formation espagnole Once.

Sous la direction de Manolo Saiz, le gourou du cyclisme espagnol emporté depuis par la tourmente de l'affaire Puerto, il gagne deux étapes du Tour de France et porte une journée le maillot jaune. Il se classe aussi troisième de la Vuelta 1995.

Trois ans plus tard, le Belge décide de raccrocher le vélo à l'âge de 34 ans. Alors qu'il commente la Vuelta pour la télévision, il répond favorablement à la demande d'Armstrong, guéri du cancer, pour devenir directeur sportif de l'US Postal. Le Texan a pu apprécier en course son habileté tactique, son sens de l'organisation, du calcul, de la décision.

"J'avais le mental et le coeur d'un champion, pas le moteur", écrira plus tard Bruyneel dans son autobiographie. Son associé, l'un des plus jeunes champions du monde de l'histoire, dispose des qualités nécessaires. Surtout si l'on y ajoute l'apport pharmaceutique détaillé par le rapport de l'Usada.

Le duo va faire main basse sur le Tour, sept fois de suite. En utilisant, avec machiavélisme, toutes les armes, jusqu'à écouter les consignes données en course par d'autres directeurs sportifs à leurs leaders respectifs, selon le témoignage d'un ancien de son équipe.

Privé de son leader après la première retraite d'Armstrong fin 2005, il dirige l'Espagnol Alberto Contador vers la victoire dans le Tour 2007. En 2008, les Kazakhs d'Astana l'appellent à la rescousse. La cohabitation houleuse, surtout après le retour sur le vélo d'Armstrong, se termine fin 2009, après un nouveau succès de Contador dans le Tour.

Bruyneel trouve ensuite la firme RadioShack pour les dernières apparitions d'Armstrong (2010 et 2011) avant de faire affaire avec le milliardaire luxembourgeois Flavio Becca et reprendre l'équipe Leopard devenue RadioShack en 2012. Sans connaître la même réussite.

Diplômé en marketing, Bruyneel a toujours affiché son intérêt pour les affaires. En tous genres. Il a milité pour un financement différent des équipes et une redistribution des droits TV, il a envisagé aussi de monter un circuit parallèle.

"J'ai adopté la mentalité américaine", a-t-il reconnu un jour. Je suis devenu plus ambitieux, plus dur, plus froid avec l'entourage extérieur de l'équipe". Mais c'est aux Etats-Unis que le déclin de l'entreprise Bruyneel s'est précipité.

jm/pga/bm

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