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Plus de 2 millions de fidèles convergent vers La Mecque pour le pèlerinage

21/10/2012 05:03 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Plus de deux millions de musulmans venus des quatre coins du globe convergeaient vers La Mecque pour entamer les rites du pèlerinage annuel, qui ne devrait pas être affecté par l'instabilité régionale, selon les autorités saoudiennes.

En groupes, souvent conduits par des guides, les drapeaux de leurs pays respectifs imprimés sur leurs vêtements blancs, les fidèles se regroupaient dans la cité de l'ouest de l'Arabie saoudite, interdite aux non-musulmans.

Les rites commencent mercredi et culminent jeudi avec le stationnement des pèlerins sur le Mont Arafat, près de La Mecque, à la veille de la fête du Fitr.

"C'est la première fois que j'effectue le pèlerinage. J'ai hâte de me rendre sur le Mont Arafat", sur les pas du prophète Mahomet, dit Koara Abdel Rahman, un homme d'affaires de 32 ans venu du Burkina Faso.

Plus de 1,6 million de pèlerins étrangers sont déjà arrivés dans la ville sainte de l'islam, et doivent être rejoints par quelque 750.000 fidèles venus du royaume.

Dans la grande Mosquée, qui abrite la Kaaba, des fidèles dormaient à poings fermés dans les recoins, alors que d'autres lisaient le Coran et priaient.

D'autres pèlerins, portant le vêtement blanc non cousu obligatoire pour les hommes, tournaient autour de la Kaaba, jouant des coudes pour toucher et même embrasser la pierre cubique dont l'origine remonterait à Abraham, selon la tradition musulmane.

"Je prie pour que Dieu guérisse tous les musulmans malades", dit une Iranienne, pleurant d'émotion.

Le pèlerinage, que tout musulman doit accomplir une fois dans sa vie s'il en a les moyens, est le plus grand rassemblement humain au monde et pose aux autorités saoudiennes un formidable défi logistique.

Lors d'une conférence de presse samedi soir, le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Ahmad ben Abdel Aziz, a assuré que le hajj ne serait pas affecté cette année par l'instabilité régionale.

"Je ne m'attends pas à ce que les pèlerins ou le pèlerinage soient affectés par ce qui se passe ailleurs, que ce soit en Syrie ou dans un autre endroit", a dit le ministre.

L'agence de presse officielle syrienne SANA avait affirmé en septembre que l'Arabie saoudite interdisait aux Syriens de venir pour le hajj, mais le royaume a démenti cette information.

Les pèlerins syriens étaient cependant difficiles à trouver à La Mecque.

"Je prie pour les Syriens", a affirmé Habiba al-Soumaidi, 64 ans, venue de Tunisie, où a été déclenché le Printemps arabe qui s'est transformé en conflit sanglant en Syrie. "Ils doivent savoir que nous sommes de tout coeur avec eux, et espérons qu'ils obtiendront bientôt, comme nous, la liberté".

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs assuré que le royaume ne s'attendait pas à ce ce que des pèlerins iraniens provoquent des troubles. "Les Iraniens nous ont assurés qu'ils sont aussi soucieux du bien-être des pèlerins que nous le sommes", a-t-il dit.

Des affrontements entre des manifestants iraniens et les forces saoudiennes avaient fait 402 morts, dont 275 Iraniens, en 1987. Depuis, les pèlerins iraniens se contentent d'organiser, à l'intérieur de leur campement, leur traditionnelle manifestation anti-américaine.

Les autorités craignent également des bousculades, à l'instar de celle qui avait coûté la vie en 2006 à 364 pèlerins, mais aucun incident de ce type ne s'est produit depuis cette date, notamment grâce aux importants travaux d'agrandissement des Lieux Saints menés par l'Arabie saoudite.

Les forces de sécurité, mobilisées au cours du pèlerinage, ont organisé samedi une parade au cours de laquelle des membres des forces spéciales ont simulé des interventions héliportées.

La propagation des maladies est un autre souci des autorités. Mais le ministre saoudien de la Santé Abdallah al-Rabia a assuré début octobre que le nouveau virus de la famille des coronavirus, qui a tué un Saoudien, restait limité et qu'il n'y avait aucun risque pour les pèlerins.

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