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L'opposition appelle à "la plus grosse manifestation" au Koweït

21/10/2012 07:19 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

L'opposition koweïtienne a appelé dimanche ses partisans à participer massivement à une importante manifestation anti-gouvernementale prévue en soirée, malgré l'interdiction des autorités.

Il s'agira de "la plus grosse manifestation dans l'histoire du Koweït", ont affirmé les organisateurs sur Twitter, appelant leurs partisans à respecter le caractère pacifique de cette protestation.

La manifestation vise à protester contre la décision des autorités d'amender la loi électorale, avant les élections législatives anticipées convoquées pour le 1er décembre. L'opposition redoute une manipulation de ce scrutin.

Les manifestants doivent se regrouper en trois points de la capitale et converger vers le palais Seif qui abrite les bureaux de l'émir, du prince héritier et du Premier ministre.

Le ministère de l'Intérieur a prévenu qu'il n'autoriserait aucun "sit-in, rassemblement, marche, regroupement ou campement" dans "aucun lieu autre que la place en face du Parlement".

Les mesures de sécurité ont été renforcées dans la journée: des centaines de policiers non armés et des dizaines de véhicules de police ont été déployés dans la capitale, notamment autour des lieux où sont attendus les manifestants.

L'émir, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, avait ordonné vendredi au gouvernement d'amender la loi électorale, une décision dénoncée par l'opposition comme une "déclaration de guerre".

Dans un communiqué samedi soir, l'opposition dirigée par les islamistes et les nationalistes, avait accusé le "régime" de vouloir instaurer "un pouvoir répressif autocratique".

L'émir, qui avait dissous le Parlement le 7 octobre, avait affirmé avoir pris la décision d'amender la loi électorale pour "protéger l'unité nationale", le découpage existant contribuant à diviser le Koweït suivant des lignes confessionnelles et tribales.

Les autorités ont poursuivi dimanche l'arrestation de dirigeants de l'opposition et d'activistes, et un député islamiste du parlement dissous, Ossama al-Munawer, a été interpellé pour interrogatoire.

Il rejoint trois autres ex-députés, arrêtés jeudi et dont la détention a été prolongée dimanche de dix jours, selon l'un de leurs avocats, Al-Humaidi al-Subaie.

Quatre activistes de l'opposition interpellés lundi après des heurts avec la police anti-émeutes sont toujours en prison.

La tension politique a affecté la Bourse de Koweït, dont l'indice a fermé sur un recul de 3,05% dimanche, premier jour ouvrable de la semaine, marquant la perte la plus lourde en un seul jour depuis trois ans.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006. La dynastie des Al-Sabah règne sur cet émirat depuis plus de 250 ans.

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