Liban : une manifestation dégénère à Beyrouth

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BEIRUT
Beyrouth, le 21 octobre 2012. (AFP) | AFP

Une manifestation ayant débuté après les funérailles du général Wissam Al-Hassan a donné lieu à des confrontations entre protestataires et forces de l'ordre dimanche dans les rues de Beyrouth, au Liban.

Des manifestants ont tenté de marcher sur le siège du gouvernement, forçant un premier barrage de sécurité établi par les autorités. Ces derniers ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes.

« Des jeunes gens se sont dirigés vers le bâtiment qui se trouve dans le centre-ville, mais les forces de l'ordre les ont empêchés d'entrer en tirant en l'air et en lançant des grenades lacrymogènes », a indiqué à l'Agence France Presse (AFP) un policier sur place. Selon une journaliste de l'agence de presse française, les manifestants jetaient des pierres et des bâtons. Deux personnes ont été blessées, mais non gravement.

Les centaines de manifestants, qui se sont extraits du rassemblement organisé pour les funérailles du général Hassan, réclament la démission du premier ministre Nadjib Mikati. Ils dénoncent aussi le président syrien Bachar Al-Assad, qu'ils accusent d'être impliqué dans l'attentat qui a tué vendredi le chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure.

Devant ces débordements, le chef de l'opposition libanaise, Saad Hariri, qui avait lui-même convié les Libanais à se mobiliser, a lancé un appel au calme, demandant aux manifestants de rentrer chez eux. Plusieurs ont obtempéré. Vers 10 h (heure avancée de l'est), il ne restait plus qu'une centaine de personnes devant le siège du gouvernement.

Des milliers de Libanais aux funérailles publiques

Plus tôt, des milliers de Libanais agitant le drapeau national s'étaient rassemblés sur la place des Martyrs, à Beyrouth, pour les funérailles publiques du général Hassan.

Lors de son discours devant la foule, le chef du groupe parlementaire d'opposition de Saad Hariri, Fouad Siniora, avait montré le gouvernement du doigt relativement à l'attentat de vendredi. « Le gouvernement est responsable du crime qui a tué Wissam et son compagnon. C'est pourquoi il faut qu'il parte », a-t-il lancé à la foule.

« Mikati tu ne peux plus rester à ton poste pour couvrir ce crime. Si tu restes, c'est-à-dire que tu es d'accord avec ce qui s'est passé et avec ce qui se passera », a-t-il ajouté.

L'opposition libanaise hostile à Damas avait appelé les Libanais « à participer massivement » aux funérailles. Le fils de l'ancien président Hariri, Saad, disait vouloir transformer cet enterrement en une manifestation contre le régime syrien.

L'opposition a réclamé la démission du gouvernement, dans lequel le Hezbollah joue un rôle déterminant. Le premier ministre Nadjib Mikati a offert sa démission au président Michel Souleïmane, mais ce dernier lui a demandé de rester en poste « dans l'intérêt national ».