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Liban: la tension très vive aux funérailles du général al-Hassan

21/10/2012 09:39 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

BEYROUTH - Des milliers de Libanais agitant le drapeau national étaient rassemblés dimanche sur la place des Martyrs à Beyrouth pour les funérailles publiques du général Wissam al-Hassan, le chef du renseignement libanais tué vendredi dans un attentat à la voiture piégée.

L'attentat attribué par l'opposition à la Syrie a coûté la vie à sept autres personnes et fait des dizaines de blessés.

La foule en colère s'est approché des bureaux du gouvernement. Des soldats libanais ont tiré des coups de feu et des gazs lacrymogènes pour repousser les centaines de protestataires ayant franchi un barrage policier et tenté de prendre d'assaut le palais gouvernemental.

Les protestataires attribuent la tuerie de vendredi à la Syrie — et ils considèrent que le gouvernement à Beyrouth est beaucoup trop près du régime syrien.

Plusieurs centaines de manifestants se sont rendus à moins de 50 mètres de l'entrée du palais du gouvernement, et des milliers d'autres se tenaient un peu en retrait.

Les coups tirés avaient semblé repousser quelque peu la foule.

Des portraits géants d'Al-Hassan étaient placardés dans Beyrouth, le qualifiant de «martyr de la souveraineté et de l'indépendance».

Les forces de sécurité libanaises avaient mis en place des barrages routiers et établi un périmètre de sécurité autour de la place des Martyrs, dans le centre de la capitale, où devait être apporté le cercueil du général Al-Hassan. La dépouille devait d'abord être transféré au siège de la police puis arriver en procession sur la place, où le général Al-Hassan sera enterré à côté de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, tué dans un attentat en février 2005.

Des dizaines de manifestants anti-Syrie ont érigé huit tentes près du siège du gouvernement au centre de Beyrouth. Ils ont déclaré qu'ils y resteraient jusqu'à la démission du gouvernement du premier ministre Najib Mikati, dominé par le Hezbollah chiite et ses alliés, soutiens de Damas.

Najib Mikati, que ses détracteurs jugent trop proche de la Syrie et du Hezbollah, a proposé sa démission après l'attentat, mais le président Michel Sleimane l'a refusée pour ne pas accroître l'instabilité dans le pays.

Le général Al-Hassan, 47 ans, était un opposant puissant de la Syrie au Liban. Il avait mené une enquête cet été qui avait conduit à l'arrestation de l'ancien ministre de l'Information Michel Samaha, l'un des alliés les plus fidèles du président syrien Bachar el-Assad au Liban. Actuellement en détention, Michel Samaha est accusé d'avoir préparé une campagne d'attentats au Liban pour le compte de la Syrie, afin d'attiser les violences communautaires.

Samedi, le premier ministre Najib Mikati a affirmé que l'explosion était liée à l'enquête du général al-Hassan.

Beaucoup de sunnites libanais soutiennent les opposants syriens au régime de Bachar el-Assad, dominé par les alaouites, tandis que les chiites ont plutôt tendance à soutenir le président syrien.

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