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Koweït: la police intervient pour empêcher une manifestation

21/10/2012 12:56 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

La police anti-émeutes au Koweït a empêché dimanche soir des protestataires de l'opposition de se rassembler pour une manifestation contre un amendement de la loi électorale et des heurts ont éclaté, ont indiqué les organisateurs et des témoins.

Des heurts ont éclaté lorsque la police est intervenue pour empêcher le rassemblement dans trois endroits différents de la capitale et ont arrêté plusieurs personnes dont l'ancien député islamiste Walid al-Tabtabaï, ont indiqué les organisateurs sur Twitter.

Les policiers ont fait usage de gaz pour disperser la foule, ont indiqué à l'AFP des témoins.

Les organisateurs ont aussitôt changé de lieu de rassemblement et invité les protestataires à se rendre pacifiquement dans un autre quartier de la ville.

Ils avaient prédit "la plus grosse manifestation dans l'histoire du Koweït" pour protester contre la décision des autorités d'amender la loi électorale, avant les élections législatives anticipées convoquées pour le 1er décembre.

L'opposition redoute une manipulation de ce scrutin.

Les manifestants devaient se regrouper en trois points de la capitale et converger vers le palais Seif qui abrite les bureaux de l'émir, du prince héritier et du Premier ministre.

Mais le ministère de l'Intérieur avait prévenu qu'il n'autoriserait aucun "sit-in, rassemblement, marche, regroupement ou campement" dans "aucun lieu autre que la place en face du Parlement".

Les mesures de sécurité ont été renforcées dans la journée: des centaines de policiers non armés et des dizaines de véhicules de police ont été déployés dans la capitale, notamment autour des lieux où étaient attendus les manifestants.

L'émir, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, avait ordonné vendredi au gouvernement d'amender la loi électorale, une décision dénoncée par l'opposition comme une "déclaration de guerre".

Dans un communiqué samedi soir, l'opposition dirigée par les islamistes et les nationalistes, avait accusé le "régime" de vouloir instaurer "un pouvoir répressif autocratique".

L'émir, qui avait dissous le Parlement le 7 octobre, avait affirmé avoir pris la décision d'amender la loi électorale pour "protéger l'unité nationale", le découpage existant contribuant à diviser le Koweït suivant des lignes confessionnelles et tribales.

Dimanche, il a rencontré des chefs de tribus qui, cités par l'agence officielle Kuna, ont exprimé dans des déclarations après l'audience leur soutien à l'émir, alors que les zones tribales constituent un fief de l'opposition.

Les autorités ont poursuivi dimanche leur campagne d'arrestations avec l'interpellation pour interrogatoire d'un député islamiste du Parlement dissous, Ossama al-Munawer.

Il rejoint trois autres ex-députés, arrêtés jeudi et dont la détention a été prolongée dimanche de dix jours, selon l'un de leurs avocats, Al-Humaidi al-Subaie.

Quatre activistes de l'opposition interpellés lundi après des heurts avec la police anti-émeutes sont toujours en prison.

La tension politique a affecté la Bourse de Koweït, dont l'indice a fermé sur un recul de 3,05% dimanche, premier jour ouvrable de la semaine, marquant la perte la plus lourde en un seul jour depuis trois ans.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006. La dynastie des Al-Sabah règne sur cet émirat depuis plus de 250 ans.

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