La Mohawk Kateri Tekakwitha a été canonisée par le pape Benoit XVI (PHOTOS)

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VATICAN, État de la Cité du Vatican - Kateri Tekakwitha, cette jeune Mohawk reconnue pour avoir accompli plusieurs miracles, est devenue dimanche la première femme autochtone d'Amérique du Nord à être élevée au rang de sainte.

Le pape Benoit XVI l'a canonisée en même temps que six autres personnes lors d'une cérémonie au Vatican, en présence de plusieurs délégations du Canada et des États-Unis, et de nombreux représentants des Premières nations.

Dans son homélie, le pape a salué chacun des sept nouveaux saints comme des exemples de courage pour l'Église.

«Avec un courage héroïque, ils ont complètement consacré leur vie à Dieu et au service de leurs frères et soeurs», a-t-il affirmé.

Prenant la parole en anglais et en français en hommage aux liens de Kateri Tekakwitha avec le Canada, le Saint-Père a souligné à quel point il était peu commun pour une femme autochtone de faire le choix d'une telle dévotion à la foi catholique.

«Que son exemple nous aide à vivre où nous sommes et à aimer Jésus sans renier qui nous sommes», a-t-il déclaré. «Sainte Kateri, protectrice du Canada et première sainte amérindienne, nous nous en remettons à toi pour le renouveau de la foi au sein des Premières nations et dans toute l'Amérique du Nord!»

La jeune Mohawk est la deuxième autochtone nord-américaine à accéder au rang de sainte après Juan Diego, un indigène mexicain canonisé en 2002 par Jean-Paul II.

Kateri Tekakwitha est née en 1656 à Ossernenon, qui fait partie aujourd’hui de l’État de New York. Elle est morte en 1680 à 24 ans, sur la réserve de Kahnawake, près de Montréal, où son corps repose.

Elle était la fille d’un chef mohawk et d’une mère algonquine catholique, baptisée et éduquée par des missionnaires français. Sa famille a été décimée par la variole et la petite Kateri, orpheline, est restée défigurée et handicapée des suites de l’infection.

Sa dépouille se trouve dans un sanctuaire de marbre à l'église Saint-François-Xavier de Kahnawake, et plusieurs membres de la communauté devaient figurer parmi les quelque 1500 pèlerins canadiens attendus aux célébrations au Vatican.

Des centaines de personnes, plusieurs arborant des costumes traditionnels, ont rempli une école de Kahnawake pour assister à la retransmission de la canonisation. Des applaudissements ont retenti lorsque le pape a déclaré Kateri Tekakwitha sainte.

Le premier ministre Stephen Harper a émis une déclaration, parlant d'un «grand honneur et un heureux événement pour les nombreux Nord-Américains et autochtones qui chérissent le témoignage de sa foi ainsi que la force de son caractère».

Le processus pour canoniser la jeune femme s'est amorcé dans les années 1880. Elle a été béatifiée cent ans plus tard par Jean-Paul II. Selon un diacre de la réserve de Kahnawake, la guérison d'un petit garçon survenue il y a six ans est largement vue comme le miracle ayant ouvert les portes de la canonisation à Kateri Tekakwitha.

Âgé de six ans à l'époque, Jake Finkbonner, avait contracté la bactérie mangeuse de chair après s'être blessé en jouant au baseball et les médecins avaient décrété qu’il n’y avait plus rien à faire, d’autant plus que la bactérie s’était logée dans sa tête. Une religieuse originaire de la réserve d'Akwesasne a demandé à la famille de l'enfant de prier la jeune Mohawk. Le bambin s’est rétabli et n’a aujourd’hui aucune séquelle.

Kateri Tekakwitha rejoint ainsi au rang de saint le Frère André, les religieuses Marguerite d'Youville et Marguerite Bourgeoys et les Saints-Martyrs canadiens, les jésuites Jean de Brébeuf, Noël Chabanel, Antoine Daniel, Charles Garnier et Gabriel Lalemant.

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