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Iran: la justice refuse à M. Ahmadinejad une visite à la prison d'Evine

21/10/2012 08:22 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

La justice iranienne a refusé au président Mahmoud Ahmadinejad une visite à la prison d'Evine, au nord de Téhéran, a indiqué dimanche le porte-parole de l'autorité judiciaire, le procureur général Gholamhossein Mohseni Ejeie, jugeant qu'elle n'était "pas une priorité".

"Alors que nous faisons face à des circonstances particulières et que les priorités du pays sont l'économie et les conditions de vie de la population (...) toutes les autorités devraient de concentrer sur les questions essentielles (...) et la visite d'une prison est secondaire", a affirmé M. Mohseni Ejeie.

Il a également laissé entendre que l'intérêt pour Evine de M. Ahmadinejad, "qui n'a jamais fait une telle demande depuis sept ans et demi qu'il est président", était lié à "la présence dans la prison d'une personne qui lui est proche", une allusion transparente au conseiller de presse de la présidence Ali Akbar Javanfekr.

M. Javanfekr, également PDG de l'agence officielle Irna et du groupe de presse gouvernemental Iran, purge depuis septembre une peine de six mois de prison pour publication d'informations "contraires aux codes islamiques et à la morale".

Cette situation "suggère une dimension politique" à la demande de M. Ahmadinejad, a estimé M. Mohseni Ejei en concluant que "le moment n'est pas approprié" pour sa visite.

Selon les médias iraniens, le président avait prévu une visite le 8 octobre de la célèbre prison d'Evine, où sont détenus la plupart des prisonniers politiques, mais cette visite avait été "reportée" par l'autorité judiciaire en charge du système pénitentiaire.

Ce refus constitue un nouveau signe des tensions persistantes depuis 18 mois entre le président et l'appareil judiciaire contrôlé par la ligne dure du régime proche du Guide de la République islamique Ali Khamenei.

Ces tensions ont été émaillées de polémiques publiques, M. Ahmadinejad et son entourage accusant l'appareil judiciaire d'être l'instrument de leurs adversaires politiques et de s'en prendre aux proches du président pour faire pression sur lui, tandis que les responsables judiciaires accusaient le chef de l'exécutif de bafouer la séparation des pouvoirs.

bur-lma/sbh

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