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Harold Leduc renvoyé du Tribunal des anciens combattants

21/10/2012 08:20 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

OTTAWA - Le mandat d'Harold Leduc, ce membre du Tribunal des anciens combattants (révision et appel) qui soutient que l'organisme fédéral a enfreint son droit à la vie privée et qui l'accuse de traiter les vétérans de manière irrespectueuse, ne sera pas renouvelé.

M. Leduc et deux autres membres ont été mis à la porte du Tribunal et remplacés par une infirmière possédant une vaste expérience dans le traitement de la toxicomanie ainsi que par d'anciens officiers militaires.

Ces changements, qui en temps normal ne retiendraient pas l'attention du public, ont été annoncés dimanche, soit un jour avant le passage de Harold Leduc devant le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes.

Le comité parlementaire mène actuellement une enquête sur le Tribunal, un organisme indépendant chargé d'examiner les demandes d'ex-soldats qui ne sont pas satisfaits des décisions prises par le ministère des Anciens combattants au sujet de leur pension.

Attendu depuis longtemps, le témoignage de M. Leduc devrait fournir de nombreuses munitions à l'opposition, particulièrement au Nouveau Parti démocratique, qui a présenté un projet de loi d'initiative parlementaire à ce sujet.

Le gouvernement fédéral a refusé d'identifier les deux autres membres de l'organisme qui ont été remerciés, mais les noms de William Watson et d'Ellen Riley ne figurent pas sur la plus récente liste des membres du Tribunal.

Une lettre du ministre des Anciens combattants, Steve Blaney, est récemment arrivée dans la boîte aux lettres de Harold Leduc afin de le remercier pour ses services.

«Je ne suis pas surpris» a déclaré l'ancien adjudant des Forces canadiennes, qui a été nommé pour la première fois au Tribunal par le gouvernement libéral de Paul Martin en 2005 et nommé une seconde fois par les conservateurs de Stephen Harper en 2007.

«Pour moi, c'est un signe de la corruption dont j'ai été témoin.»

Plus tôt cette année, M. Leduc avait révélé sur la place publique que son droit à la vie privé avait été violé dans le cadre d'une présumée campagne visant à le discréditer en utilisant des renseignements médicaux confidentiels concernant un diagnostic d'état de stress post-traumatique.

Il avait raconté avoir été critiqué par d'autres membres du Tribunal, qui lui reprochaient de prendre trop souvent le parti des anciens combattants dans les dossiers qui lui étaient confiés. Harold Leduc a déposé une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne, qui a reconnu qu'il avait été victime d'harcèlement.

Après que le différend entre M. Leduc et le Tribunal eut été révélé au grand jour, une dizaine de vétérans ont aussi fait part de problèmes avec l'organisme fédéral, soutenant que certains de ses membres faisaient preuve de condescendance et d'irrespect par rapport aux anciens combattants.

En 2005, les conservateurs avaient promis d'abolir le Tribunal, qui suscite depuis longtemps la méfiance des vétérans, afin de le remplacer par un comité d'ex-militaires et de professionnels de la santé, une intention que réflètent les nominations annoncées dimanche.

Denise Dietrich est en effet une infirmière comptant 35 ans d'expérience en médecine et en recherche sur les problèmes liés à la toxicomanie, alors que Richard Frenette, Colin Reichle et Richard Rennie ont respectivement été brigadier général, lieutenant-colonel et major au sein de l'armée.

«Avec la nomination de ces trois ex-membres des Forces canadiennes et d'une infirmière possédant une vaste expérience, notre gouvernement honore son engagement d'apporter au Tribunal une expérience militaire et médicale plus importante», a indiqué par courriel Jean-Christophe de le Rue, l'attaché de presse du ministre Blaney.

«Ces nominations portent le nombre de membres ayant une expérience militaire, médicale ou policière à un niveau historique», a ajouté M. de le Rue.

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