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Des Amérindiens vivent en différé la canonisation de leur première sainte

21/10/2012 02:19 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

Quelques centaines de catholiques amérindiens ont suivi dimanche avec émotion, bien qu'en différé à la télévision, la cérémonie de la canonisation de leur première sainte, Kateri Tekakwitha, depuis la réserve mohawk de Kahnawake, près de Montréal.

Recueillis et émus, ces fidèles, massés devant le sanctuaire de leur nouvelle sainte, ont suivi la cérémonie sur un grand écran comme s'ils étaient place Saint-Pierre et non dans un gymnase équipé de paniers de basket.

A chaque fois que le pape la nommait, des applaudissements éclataient. Beaucoup étaient venus de loin, comme la trentaine d'habitants de la réserve de la communauté autochtone Atikamekw de Manawan, à 250 km au nord de Montréal.

"Cette canonisation nous donne beaucoup de forces nouvelles", a dit Emile Moar, fier d'avoir conduit le bus scolaire transportant les pèlerins.

Le dominicain Jonathan Kalisch s'était déplacé depuis les Etats-Unis avec un groupe d'élèves amérindiens du collège de Darmouth, dans l'Etat du New Hampshire (nord-est), où il enseigne.

"Pour les Premières nations (autochtones) c'est plus qu'un honneur. Maintenant, pour la première fois, une des leurs est donnée comme modèle à l'ensemble des catholiques, dans le monde entier", a-t-il commenté. "Un modèle pour nous, au 21e siècle, pour recommencer à suivre le Christ".

La retransmission a été suivie d'une messe célébrée par un évêque et d'une procession vers la tombe de la nouvelle sainte, à l'intérieur de l'église, dont le clocher était orné d'un grand portrait de la jeune fille.

Kateri Tekakwitha (1656-1680), surnommée "le Lys des Mohawks", est née à Ossernenon (aujourd'hui Auriesville dans l'Etat de New York aux Etats-Unis), puis a émigré vers le nord en raison des guerres entre tribus indiennes secouant la région.

Convertie par les Jésuites, la jeune fille orpheline presque aveugle a manifesté un sens du sacré hors du commun, avant de mourir à 24 ans. Plusieurs guérisons miraculeuses lui ont été attribuées par les Mohawks et son culte s'est développé rapidement après sa mort. Une guérison récente, reconnue officiellement par le Vatican, a permis sa canonisation, attendue avec impatience par les autochtones.

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