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Chefferie du PLQ : la question du financement a fait l'objet de débats animés

21/10/2012 04:07 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

LAVAL, Qc - Les candidats à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ) rembourseront finalement les dépenses des délégués qui les appuieront au congrès de la fin de semaine du 16 mars 2013, au terme de laquelle le nouveau chef du parti sera élu.

Réunis à Laval dimanche, les militants du PLQ ont entériné en conseil général spécial les règles relatives à la course au leadership telles que recommandées par le comité exécutif du parti.

Malgré l'adoption de ces règlements tels que proposés, les tensions étaient au rendez-vous durant les travaux, surtout lorsque la question du financement a été abordée.

À propos des dépenses électorales, certains militants, le candidat Jean David en tête, se sont opposés à la disposition voulant qu'une somme maximale de 100 000 $ puisse être déboursée par chaque représentant financier pour rembourser les frais de transport et d'hébergement des délégués au congrès.

Ce sont ces mêmes délégués qui voteront le 17 mars pour élire le nouveau chef. Pour l'instant, quatre candidats sont en lice, à savoir l'ex-ministre de la Santé Philippe Couillard, l'ancien ministre des Transports Pierre Moreau, l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand et l'ancien président de la commission politique du PLQ, Jean David. Les aspirants potentiels ont jusqu’au 14 décembre pour déposer leur candidature.

M. David, qui a sauté dans la course mercredi dernier «pour réformer en profondeur les institutions démocratiques québécoises», s'est dit mal à l'aise de voir les candidats débourser les frais de transports et d'hébergement de «ceux qui vont voter pour eux»; les délégués.

«Un vote au congrès est supposé être un vote secret, mais moi je vais payer pour des délégués?», a-t-il lancé en marge du congrès, l'air agacé. «C'est d'une autre époque. Les règles sont archaïques.»

En appui à M. David, le député d'Orford, Pierre Reid, a également évoqué un malaise à l'idée que les délégués aient à choisir le candidat qu'ils appuient avant de se rendre au congrès.

«Si quelqu'un ne veut pas se prononcer avant la tenue du congrès, il ne pourra pas se prononcer?», a-t-il demandé, comme si poser la question, c'était y répondre.

La proposition a néanmoins été acceptée par une écrasante majorité. Plusieurs membres du parti ont indiqué que ces remboursements permettraient une meilleure représentation des régions, en plus d'aider les circonscriptions «pauvres ou orphelines».

Pour le candidat Moreau, il n'y a aucune inquiétude à avoir.

«Je pense qu'aucun candidat n'a intérêt à acheter des délégués», a-t-il assuré. «Je ne pense pas que ça aille à l'encontre du vote, et je crois que ça assure l'expression du point de vue des gens des régions.»

Parmi les règles soumises par le comité exécutif et acceptées sans grand débat, celles-là, il y a celles voulant qu'un candidat doive effectuer un don de 50 000 $ au PLQ et qu'il obtienne les signatures de 500 membres du parti provenant d’au moins 50 circonscriptions et de 10 régions du Québec pour officialiser sa candidature.

Le plafonnement des dépenses électorales a quant à lui été fixé à 600 000 $, ce qui porte le budget total des candidats à 650 000 $.

La valeur de ces sommes allouées aux campagnes a entraîné quelques prises de bec, sans qu'il n'y ait cependant de proposition pour amender le choix du comité exécutif. Pourtant, les candidats avaient auparavant exprimé des points de vue bien différents sur les dépenses.

Pierre Moreau a déjà indiqué qu'il limiterait ses dépenses à 450 000 $ tandis que Jean David a évoqué dimanche un montant de 300 000 $, se gardant toutefois de prendre un engagement à cet effet.

«Avec le contexte de la Commission Charbonneau, il y a de moins en moins de gens qui ont envie de donner au PLQ, de même qu'aux autres partis politiques», a-t-il observé.

«On sort d'une campagne électorale, les donateurs traditionnels ont les poches un peu vides.»

Si M. David a ensuite salué la décision de son compétiteur Pierre Moreau d'abaisser le plafond des dépenses pour sa campagne, tous n'ont pas usé d'autant de finesse. Dès son arrivée à Laval, Dominique Vien, députée de Bellechasse et partisane de Pierre Moreau a écorché Philippe Couillard, disant de M. Moreau qu'il «a toujours été loyal, est resté à nos côtés et ne nous a jamais abandonnés».

Elle s'est toutefois défendue d'attaquer M. Couillard, qui a quitté le gouvernement Charest en juin 2008 au profit d'un emploi au fonds d’investissement Persistence Capital Partners.

Le successeur de Jean Charest sera élu le 17 mars prochain. D'ici là, les candidats à la chefferie devront vendre des cartes de membres du PLQ, car l'adhésion au parti est nécessaire pour voter pour les délégués, qui éliront ensuite le chef. Des 24 délégués, 12 devront être des femmes. Quatre hommes et quatre femmes devront être issus de la Commission-Jeunesse du PLQ.

Cinq grand débats auront lieu au cours de la campagne électorale. Le premier se tiendra à Montréal le 13 janvier; les autres, dans l'ouest du Québec, dans l'est du Québec, dans la grande région de Montréal et dans la grande région de Québec, entre le 20 janvier et le 3 février. L'un de ces débats de déroulera exclusivement en anglais.

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