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A Austin, l'affaire Armstrong ne fait pas oublier la lutte contre le cancer

21/10/2012 01:50 EDT | Actualisé 21/12/2012 05:12 EST

Retenir le combat contre le cancer plutôt que les affaires de dopage: alors que l'étau se resserre autour de Lance Armstrong, plusieurs des 4.300 cyclistes amateurs réunis dimanche à Austin pour la fondation Livestrong préféraient se concentrer sur l'oeuvre caritative du Texan.

"Nous ne sommes pas là pour Lance, nous sommes là pour la fondation", assure Chip Harris, venu du Maine (nord-est) jusqu'au Texas avec 22 amis.

"C'est pour la bonne cause. Nous somme là pour soutenir des amis et des proches qui sont décédés", renchérit-il.

"Je pense qu'il est probablement coupable", assène de son côté Jenni Stephenson, 32 ans, venue participer à la 15e édition de cette course contre le cancer.

"Mais je pense qu'il est important que les gens soutiennent la fondation", ajoute-t-elle, alors que la Fédération cycliste internationale (UCI) doit rendre lundi sa décision concernant les sanctions demandées par l'Agence américaine antidopage (Usada), qui réclame la suspension à vie d'Armstrong et veut que son palmarès depuis août 1998 soit intégralement effacé.

Comme beaucoup, Chris Jetto, 40 ans, a confessé être heureux de la démission d'Armstrong de la présidence de Livestrong, pour que ses problèmes ne déteignent pas "sur une noble cause".

"S'il s'est vraiment dopé... ses dénégations n'auront fait que ternir son image", a-t-il renchéri, appelant le septuple vainqueur du Tour de France à avouer.

Dimanche matin, devant ces 4.300 cyclistes réunis contre le cancer, Armstrong ne s'est exprimé que dans un discours très bref de quelque 90 secondes, reconnaissant laconiquement qu'il avait connu de meilleures périodes que celle qu'il vivait depuis la publication du rapport de l'Usada, le 10 octobre.

"Qu'il ait triché ou non, s'il ont tous triché, il a tout de même gagné", tempère Catherine Young, 50 ans, propriétaire d'un magasin de cycles à Houston et venue pédaler pour un collègue du travail victime du cancer.

Kevin Stephan, 54 ans, met en avant l'histoire personnelle du coureur texan, qui a survécu à un cancer des testicules, avec des métastases au cerveau et aux poumons.

"Il a donné envie à beaucoup de gens de monter sur un vélo", souligne-t-il.

"J'ai fait du vélo depuis 25 ans. Je n'ai pas commencé grâce à Lance et je ne vais pas m'arrêter à cause de ces accusations de dopage", fait de son côté remarquer Zach Horne, 35 ans.

Colin Painter, 35 ans, court pour sa mère, décédée en 2004 d'un cancer du sein, ainsi que pour lui-même, car il a perdu 20 kilos l'année dernière en pédalant.

"Je ne sais pas s'il s'est dopé ou non. Ce qui m'a fait venir ici, c'est que le cyclisme me tient en bonne santé", rétorque-t-il.

Selon lui, il faudra du temps avant de se faire une idée précise du personnage d'Armstrong, au-delà des étiquettes de tricheur ou de survivant du cancer. "Nous ne saurons pas avant 20 ans", a-t-il estimé.

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