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Un bateau pro-palestinien encerclé par la marine israélienne au large de Gaza

20/10/2012 06:19 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

GAZA, Territoire palestinien - Des militaires israéliens ont intercepté samedi le bateau pro-palestinien Estelle, qui voguait vers Gaza pour défier le blocus israélien.

Dans le bateau battant pavillon finlandais, des législateurs européens, des militants pro-Palestine et le Canadien Jim Manly — un ancien député du Nouveau Parti démocratique âgé de 79 ans — n'ont pas résisté lorsqu'on leur a demandé de quitter le navire, dont l'itinéraire a ensuite été détourné vers un port israélien.

Plusieurs bateaux ont tenté d'approcher les côtes de Gaza depuis le blocus imposé par Israël après l'arrivée au pouvoir du Hamas, en 2007.

Les autorités israéliennes martèlent qu'elles doivent renforcer le blocus afin d'empêcher le trafic d'armes. Le Hamas a quant à lui lancé un appel à d'autres tentatives de défier le blocus.

Le premier ministre d'Israël, Benyamin Nétanyahou a émis un communiqué dans lequel il a salué les efforts des militaires qui ont fait respecter le blocus.

Il a souligné qu'il n'y a à son avis «aucune crise humanitaire à Gaza» et il a accusé les militants de tenter de «provoquer et de salir le nom d'Israël».

«Si les droits humains étaient si importants pour ces militants, ils se seraient rendus en Syrie. Nous continuerons de protéger nos frontières», a-t-il indiqué.

Six navires militaires ont intercepté Estelle alors que le navire se trouvait à environ 30 milles nautiques de Gaza. Des soldats masqués auraient investi le navire avant d'ordonner à son équipage de se rendre au port israélien d'Ashdod, a rapporté une porte-parole des militants.

Le vaisseau a accosté samedi soir et devait faire l'objet d'une inspection afin d'en vérifier le contenu, ont indiqué les autorités militaires israéliennes. Le ministre de l'Intérieur d'Israël a précisé que les militants se trouvant sur le bateau seraient interrogés par des responsables de l'Immigration et déportés vers leur pays d'origine dans un délai de 72 heures.

Le navire suédois Estelle a quitté Naples, en Italie, le 7 octobre, avec une trentaine de personnes à bord venues de huit pays, notamment des législateurs de la Norvège, la Suède, la Grèce et l'Espagne.

«Nous croyons à la non-violence. Nous sommes déterminés à lever le siège illégal de Gaza. Nous pensons qu'il est important que le gouvernement du Canada protège nos droits», a déclaré M. Manly dans une vidéo pré-enregistrée qui devait être rendue publique si le navire était intercepté.

Le politicien à la retraite a également dit souhaiter que les Canadiens communiquent avec le gouvernement pour lui souligner que les militants sont innocents.

«Demandez-lui (au gouvernement) d'insister auprès du gouvernement israélien pour qu'ils respecte nos droits humains, nos droits légaux.»

Le fils de Jim Manly a indiqué par voie de communiqué que son père, qui a également été pasteur à l'Église unie, était détenu en Israël.

«Bien qu'il soit en bonne forme pour son âge, il n'est pas aussi résistant qu'il l'était plus jeune, et il doit prendre des médicaments tous les jours. J'espère que les forces armées israéliennes respecteront ses droits légaux et humains et qu'ils le traiteront avec le respect et la dignité qu'il mérite», a déclaré Paul Manly.

La femme de Jim Manly, Eva, a quant à elle expliqué que son mari était à bord du navire à direction de Gaza afin d'attirer l'attention sur «la souffrance des Palestiniens de Gaza». Elle dit avoir perdu contact avec M. Manly tôt samedi matin.

«Il est difficile de concevoir la menace que peut représenter, face à la toute-puissance militaire israélienne, un seul bateau à voile avec à son bord du matériel humanitaire et quelques personnes», a-t-elle déclaré.

Le gouvernement Harper s'est montré critique à propos de missions du genre, les qualifiant de peu utiles.

Une porte-parole des militaires israéliens, Avital Leibovich, a accusé les militants d'avoir posé un geste de provocation.

«Nous avons érigé un blocus parce que les tentatives de faire entrer des armes et des munitions clandestinement sont fréquentes, et que ces armes peuvent finir entre les mains des organisations terroristes basées à Gaza», a-t-elle déclaré.

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