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Syrie: poursuite des affrontements autour de la base militaire de Wadi Daif

20/10/2012 06:07 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Des affrontements de moyenne intensité étaient en cours samedi matin autour d'un base militaire de l'armée syrienne assiégée par les rebelles, près de la ville clé de Maaret al-Noomane, dans le nord du pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des rafales d'armes automatiques et des détonations étaient audibles à intervalles réguliers en provenance de cette base de Wadi Deif, en périphérie est de Maaret al-Noomane, ville sous contrôle rebelle depuis le 9 octobre et soumise depuis lors à d'intenses bombardements de l'armée, a-t-on constaté.

Samedi matin, le journaliste de l'AFP a pu observer une quinzaine de chars, déployés ou camouflés dans les vergers d'oliviers ceinturant la base.

A environ deux kilomètres à l'est de Maaret al-Noomane, ce camp militaire s'étend sur plusieurs kilomètres carrés, ceinturés par des miradors et en partie par des monticules de terre, selon les rebelles.

L'AFP a vu à plusieurs reprises ces derniers jours des hélicoptères larguer à haute altitude du ravitaillement, qui tombait souvent dans les lignes rebelles ou le no man's land séparant les belligérants.

Les rebelles assiègent Wadi Deif sur trois axes, avec en particulier des positions fortifiées au voisinage de l'autoroute Damas-Alep, dont ils tiennent fermement une portion de plusieurs kilomètres.

Cette zone en particulier est la cible des bombardements de l'armée de l'air, qui déverse quotidiennement depuis le ciel des bombes de 500 kg et à sous-munitions.

Samedi matin, un chasseur-bombardier a fait un passage à basse altitude vers 07H30 (04H30 GMT), larguant une bombe qui n'a apparemment pas fait de victime. Un autre chasseur a bombardé vers 09H45 (06H45 GMT) la périphérie est de la ville.

Un calme précaire régnait samedi matin et était l'occasion pour les habitants encore présents de se ravitailler, ou pour des familles de venir visiter brièvement leur logement.

Peu ou pas de voiture, mais des motos, presque toujours conduites par des combattants. Quelques rares commerçants osent toujours braver les bombardements.

Des tas de vieux pneus sont enflammés au carrefour ou sur les chaussées des grandes avenues, afin que la fumée noire qui se dégage des brasiers gêne l'observation des aéronefs.

Pour certains, ce calme avant la tempête ne prévaut rien de bon, et annoncerait même un nouveau déferlement de bombes et obus sur la ville.

"De toute façon, la tempête finira par venir", commentait, fataliste Abou Amir, professeur à la retraite de 55 ans, assis devant son immeuble grêlé d'éclats.

"Pour le moment, l'armée n'a pas les moyens de reprendre la ville. Mais qui sait, s'ils mettent plus de moyens...", estime un commandant rebelle. "Et s'ils n'y parviennent pas, le régime se vengera en nous écrasant sous les bombes."

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de médecins et militants, "de violents combats opposent les troupes régulières aux rebelles, qui ont attaqué un convoi militaire sur la route Damas-Alep, au sud de Maaret al-Noomane".

Dans la région de Damas, des colonnes de fumée s'élevaient non loin des résidences de la police alors que des tirs nourris étaient entendus, selon l'OSDH, tandis que de violents combats opposaient l'armée aux rebelles près d'Erbine, à 7 km au nord-est de Damas.

Les violences ont fait samedi selon l'OSDH 65 morts, dont 25 rebelles, 22 soldats et 18 civils.

En outre, 37 corps ont été retrouvés dans un cimetière de Deir Ezzor (est), certains écartelés et d'autres portant des traces de brûlures. Douze d'entre eux ont été identifiés. Sept autres corps ont été retrouvés dans la province d'Alep (nord) et quatre dans celle de Damas.

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