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Ottawa bloque le géant malaisien Petronas

20/10/2012 12:03 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, a décidé de bloquer le géant malaisien pétrolier Petronas, qui tente d'acquérir la société canadienne gazière et électrique Progress Energy.

La décision du ministre est tombée tard vendredi soir, trois minutes avant l'échéance, alors que plusieurs observateurs s'attendaient à ce que l'entente soit approuvée.

Le gouvernement juge insatisfaisante l'offre de plus de 5 milliards de dollars de Petronas. La compagnie malaisienne n'a pas encore commenté la décision du Canada. Elle dispose maintenant de 30 jours pour soumettre une autre proposition.

Petronas, qui voit ses réserves de pétrole domestiques diminuer, tente d'acquérir des ressources énergétiques à l'extérieur de la Malaisie et loin des régions instables du monde comme le Soudan.

Dans un communiqué émis samedi après-midi, Progress Energy dit être « déçue » de la décision du gouvernement fédéral. L'entreprise, basée à Calgary, en Alberta, indique qu'elle va « travailler au cours des 30 prochains jours pour déterminer la nature des problèmes et les solutions potentielles. »

Un présage pour la Chine?

La décision de Christian Paradis à propos de l'offre de Petronas survient alors que le gouvernement étudie une autre méga-transaction dans le secteur énergétique, soit celle impliquant le groupe chinois CNOOC. Ce dernier tente d'acheter la Canadienne Nexen pour plus de 15 milliards de dollars.

Si cette offre est elle aussi refusée, les relations commerciales que tentent de bâtir la Chine et le Canada pourraient être affectées. Cela pourrait également exacerber le malaise canadien devant l'expansion des industries chinoises en Amérique du Nord.

Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre Stephen Harper a déclaré que les systèmes politique et économique « très différents » de la Chine représentaient pour le Canada une source d'inquiétude.

Or, le gouvernement conservateur évalue que le Canada aura besoin de 630 milliards de dollars dans le secteur de l'énergie au cours de la prochaine décennie. Ottawa tente donc de concilier ce besoin d'investissement avec ses préoccupations à l'égard les investissements étrangers.

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