NOUVELLES
20/10/2012 09:23 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Liban: le Premier ministre veut partir mais reste "dans l'intérêt national"

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a exprimé samedi son désir de quitter son poste après l'assassinat d'un haut responsable de la Sécurité, mais y a renoncé temporairement "dans l'intérêt national".

L'assassinat vendredi du général Wissam al-Hassan, chef des renseignements de la police libanaise et bête noire de Damas, a créé un séisme politique au Liban.

L'opposition a immédiatement accusé le régime syrien d'avoir commandité l'attentat et appelé à la démission du gouvernement, où le Hezbollah chiite, allié de Bachar al-Assad, joue un rôle prédominant.

"J'ai assuré au président de la République que je n'étais pas attaché au poste de chef de gouvernement. (Il) m'a demandé de rester car il ne s'agit pas d'une question personnelle mais de l'intérêt national", a dit M. Mikati à la presse après une réunion d'urgence du conseil des ministres.

Le président Michel Sleimane lui a demandé de rester pour éviter un "vide politique", a ajouté M. Mikati, précisant que le chef de l'Etat lui avait confié qu'il entendait consulter les principales forces politiques avant de prendre une décision.

"C'est pour cela que j'ai suspendu toute décision jusqu'à ce que le président me communique sa décision", a indiqué M. Mikati.

Toutefois, "je ne vais plus travailler à partir du Sérail (siège du Premier ministre)", a-t-il indiqué.

M. Mikati a évoqué avec le président la nécessité de former un nouveau gouvernement. "Je suis de plus en plus en faveur d'un gouvernement d'union nationale", a-t-il dit, estimant que le pays traversait "des moments difficiles".

Un responsable à la présidence a affirmé à l'AFP que M. Mikati "n'avait pas présenté sa démission mais avait exprimé auprès du président son intention de le faire".

Cependant, "la décision a été suspendue en attendant la réunion de la table du dialogue national", a précisé ce responsable sous couvert de l'anonymat.

Cette rencontre était prévue le 12 novembre mais "le président pourrait en avancer la date", a précisé ce responsable sous couvert de l'anonymat.

La révolte en Syrie voisine a approfondi les clivages politiques et confessionnels au Liban, divisé entre partisans et adversaires du pouvoir à Damas.

Le Premier ministre a fait un lien entre le meurtre du général Hassan et la découverte par ses services d'un plan, à l'instigation des renseignements syriens, visant à susciter la zizanie confessionnelle à travers des attentats dans le pays.

Le général avait arrêté le 9 août l'ex-ministre Michel Samaha, partisan du régime syrien, accusé d'avoir introduit des explosifs au Liban à l'instigation de Ali Mamlouk, chef des renseignements syriens.

"Je ne peux pas séparer le complot mis au jour le mois dernier et ce qui s'est passé hier (...) Après la découverte des explosifs, la logique veut que les deux affaires soient liées", a-t-il dit.

rd-ram/sk/sbh

PLUS:afp