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Liban : tension à quelques heures de l'enterrement du général Al-Hassan

20/10/2012 09:38 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Le général Wissam Al-Hassan, assassiné vendredi, sera enterré dimanche à Beyrouth aux côtés de la tombe de son mentor, Rafic Hariri.

L'opposition libanaise hostile à Damas a appelé les Libanais « à participer massivement » aux funérailles. Le fils de l'ancien président Hariri, Saad, a dit vouloir transformer cet enterrement en une manifestation contre le régime syrien.

Samedi, les contrôles routiers avaient été renforcés, au lendemain de l'attentat qui a fait 78 blessés et 8 morts à Beyrouth, dont Wissam Al-Hassan, le chef des renseignements de la police, hostile au gouvernement syrien de Bachar Al-Assad.

L'attentat a déclenché des manifestations de colère dans la communauté sunnite, à laquelle le général appartenait. Plusieurs personnes ont brûlé des pneus. Les routes menant à l'aéroport international de Beyrouth et à Tripoli, la grande ville principalement sunnite du Nord, ont été coupées. Des rassemblements ont également eu lieu et des routes ont été fermées à Saïda, dans le sud, et dans la vallée de la Bekaa, dans l'est du pays, où deux Libanais ont été blessés lorsque l'armée a ouvert le feu sur un groupe de manifestants.

Par ailleurs, dans le nord du Liban, des dizaines d'hommes armés ont attaqué un groupuscule proche du Hezbollah, le parti chiite libanais allié de la Syrie.

Le conseil des ministres libanais et les services de sécurité ont tenu une réunion d'urgence samedi.

L'opposition a réclamé la démission du gouvernement, dans lequel le Hezbollah joue un rôle déterminant. Le premier ministre Nadjib Mikati a offert sa démission au président Michel Souleïmane, mais ce dernier lui a demandé de rester en poste « dans l'intérêt national ».

La Syrie accusée de vouloir déstabiliser le Liban

Même si aucune revendication concernant l'attentat n'a été rendue publique jusqu'ici, plusieurs responsables politiques libanais pointent du doigt le régime syrien de Bachar Al-Assad.

La crise en Syrie déstabilise le Liban, dont les communautés confessionnelles sont divisées sur l'attitude à adopter à l'égard du puissant voisin.

Pour Walid Joumblatt, personnalité incontournable de la communauté druze au Liban, la mort du général Hassan porte un coup à la sécurité du pays. « Il était notre protecteur. C'est un coup sévère, mais nous n'avons pas peur », dit M. Joumblatt, qui fait partie de ceux qui accusent la Syrie d'avoir commandité l'assassinat.

Selon le quotidien francophone L'Orient Le Jour, Al-Hassan était « sans conteste le fonctionnaire le plus précieux, le plus indispensable, dans un Liban en proie de puis des années aux atteintes du terrorisme politique ».

Wissam Al-Hassan avait déjà échappé à plusieurs tentatives d'assassinat par le passé. Proche de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, il a dirigé la partie libanaise de l'enquête sur le meurtre de celui-ci, en 2005, concluant à une implication de la Syrie et du Hezbollah.

En dépit des accusations, le gouvernement syrien et le Hezbollah ont tous deux condamné l'attentat.

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